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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 07:37

jean françois copéLE FIGARO. – Qu’est-ce qui vous différencie de François Fillon?

Jean-François COPÉ. -Chacun savait en début de campagne qu’il y avait entre nous une différence de personnalité, de parcours électif et de génération. Maintenant, tout le monde constate qu’il y a aussi une différence de ligne politique. Proposer que l’UMP aille un jour à droite et le lendemain à gauche est incompréhensible! D’où le soutien que François Bayrou apporte à François Fillon. Je suis le tenant d’une droite décomplexée, assumée, qui dit la vérité. Sécurité, immigration, communautarisme, entreprise, emploi… pas de tabou, pas de langue de bois! La France est beaucoup plus décomplexée que sa classe politique. Elle attend de la nouvelle génération de dirigeants de l’UMP qu’ils proposent une vision optimiste et positive plutôt que grise et sombre. Moi, je défends trois valeurs cardinales, les mêmes que Nicolas Sarkozy: l’autorité, le courage politique et une générosité qui ne s’égare pas dans l’assistanat. Face à unFrançois Hollande qui dispose de tous les pouvoirs et met notre pays à genoux, j’ai décidé d’appeler à la résistance, de mener une opposition tonique. Constructive quand c’est possible, mais implacable quand c’est nécessaire.

La résistance passe-t-elle par des appels à manifester?

Oui, dans le cas de circonstances exceptionnelles où la gauche imposerait des réformes contraires à l’intérêt supérieur du pays. C’est dans la rue, pacifiquement, que nous avons sauvé l’école libre en 1984. Ceux qui me critiquent oublient que, sans cela, elle aurait disparu.

Comment comptez-vous réconcilier la famille UMP si vous êtes élu dimanche?

Si cet honneur m’est accordé, ma première préoccupation sera de remercier les militants et mes amis mais aussi de tendre la main à François Fillon et à ceux qui ne m’ont pas soutenu. Nos adversaires ne sont pas à l’intérieur de l’UMP ; ils sont à gauche. L’équipe que je souhaite installer sera collective, soucieuse de prendre en compte les sensibilités et les personnalités de chacun. J’ai une priorité absolue: lancer un grand appel aux Françaises et aux Français mécontents de la gauche pour réaliser une vague bleue aux municipales de 2014. Samedi, nous fêterons les dix ans de l’UMP, premier parti militant de France qui réunit des gaullistes, des centristes, des libéraux, des humanistes, la Droite populaire… J’ai la chance de diriger cette famille depuis deux ans. J’ai une pensée pour ceux qui l’ont fondée, à commencer par Jacques Chirac, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Notre mission est de tout faire pour que l’UMP redevienne un jour majoritaire en reconquérant le cœur des Français, ville par ville, village par village.

44 % des électeurs de Nicolas Sarkozy ne sont pas intéressés par la campagne l’UMP. Est-ce un échec?

Je retiens surtout qu’ils sont 56 % à s’y intéresser. Pour une élection à laquelle une large majorité d’entre eux ne sont pas conviés à voter, c’est un résultat plutôt motivant. Sur le chemin de la centaine de meetings que j’aurai réalisés depuis le début de la campagne, je ne cesse de croiser des Français qui m’appellent au patriotisme et m’encouragent à ne pas baisser les armes, à ne pas céder au politiquement correct de la gauche bien-pensante.

Quelles seront les relations de l’UMP avec l’UDI de Jean-Louis Borloo?

Cordiales, amicales et à juste proportion de nos représentations respectives. Que Jean-Louis Borloo veuille nous apporter un appoint me touche mais chacun à sa juste place. Jamais je n’accepterai le retour aux luttes fratricides qu’ont connues le RPR et l’UDF.

Comment empêcher d’éventuels accords aux municipales avec le FN?

J’ai toujours été très clair: pas d’alliance électorale avec le FN. Mais je ne tendrai pas non plus la deuxième joue. Quitte à assumer ma différence avec François Fillon, jamais je n’accepterai, en cas de duel entre la gauche et le FN, d’appeler à voter pour le PS qui, sans aucun scrupule, est allié avec l’extrême gauche de Mélenchon.

Si vous êtes battu dimanche, serez-vous tout de même candidat à la primaire?

Je ne me place pas du tout dans cette hypothèse. Par ailleurs, vous connaissez mon engagement très clair aux côtés de Nicolas Sarkozy.

Peut-on éviter la hausse du chômage annoncée par François Hollande?

Oui, mais à condition de changer complètement de politique. Malheureusement, François Hollande refuse la moindre autocritique et a enterré l’idée d’un choc de compétitivité. La baisse du chômage n’est possible qu’avec une réforme profonde du marché du travail et du temps de travail. À l’image de ce que nous avions engagé avec Nicolas Sarkozy. Hollande s’y refuse et ne propose qu’un hypothétique crédit d’impôts dont les conditions seront tellement rigides qu’il va se révéler être un marché de dupes pour les entreprises.

Le droit de vote pour les étrangers est-il enterré?

Je n’ai pas confiance en François Hollande. Voici un homme qui s’est fait élire en jurant qu’il ne fera pas voter le traité européen et qu’il n’augmentera pas la TVA. Or, il a fait exactement l’inverse. À mes yeux, sa parole est discréditée. Il se cache derrière une absence de majorité concernant le droit de vote des étrangers. S’il veut en avoir le cœur net, qu’il organise un référendum! Je ne baisserai pas la garde car le communautarisme est la menace numéro 1 pour la cohésion de la République.

Si la droite revient au pouvoir, pourra-t-elle «démarier» des couples homos?

Je ferai tout ce qui est possible pour empêcher l’adoption de cette loi, qui prétend régler quelques cas mais qui, en réalité, fragilise la famille et bouleverse la filiation pour tout le monde. Si je suis élu à la tête de l’UMP, j’inviterai à manifester, pacifiquement mais fermement, en opposition à un texte qui n’a jamais fait l’objet d’un débat avec la nation. Ces questions méritent l’organisation d’états généraux de la famille. Si, malgré tout, ce texte était adopté, nous ne pourrons pas laisser les choses en l’état. Et ce, en restant intransigeant contre toute forme d’homophobie.

Quels éléments positifs retenez-vous de la conférence de presse du président?

En évoquant la réduction du déficit, le faible niveau des taux d’intérêt auxquels la France emprunte, et en s’appropriant le bénéfice politique du traité européen, François Hollande fait un éloge en creux de notre politique. Et pour finir, un cri du cœur: «Et si Nicolas Sarkozy avait eu raison?»

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