Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:25

jean françois copéChère Amie, Cher Ami,

Je tiens à vous faire partager ma tribune intitulée « Pour une France décomplexée » que j’ai adressée aujourd’hui aux principaux titres de la Presse Quotidienne Régionale.

 

 

 


Pour une France décomplexée

par Jean-François-Copé

Le 18 novembre prochain, les 300 000 militants qui font de l’UMP le premier parti de France éliront leur président. Pour ces « frères d’armes » qui ont partagé tant de combats avec Nicolas Sarkozy, pour ces passionnés qui donnent le meilleur d’eux-mêmes à notre famille politique, cette élection est un rendez-vous majeur. C’est également un rendez-vous déterminant pour tout le peuple de droite qui place son espérance dans l’UMP.

Ce ne sera pas la désignation de notre candidat pour la présidentielle de 2017. Chaque chose en son temps : ce choix-là interviendra en 2016. Ce sera alors un dialogue direct d’un homme avec les Français.

L’enjeu de novembre est collectif. Et c’est un enjeu de terrain, plutôt qu’une affaire d’ « image ». Nous devons reconquérir le cœur des Français, village par village, ville par ville. Rien ne serait pire que de « gérer » de bons sondages jusqu’en 2017 en s’inquiétant de ce qui pourrait les abîmer : pour une rénovation en profondeur de la droite et du centre, le goût de l’avenir et le courage comptent davantage que la prudence et la peur du déclin.

Sur la croissance, la fiscalité, les finances publiques, l’emploi, la sécurité, l’immigration… François Hollande fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait. Je ne dis pas cela par aveuglement partisan. Aurions-nous en France des sociaux-démocrates à l’image des Suédois et des Allemands qui ont mené des réformes structurelles, je soutiendrais leurs propositions. Tel n’est pas le cas, loin s’en faut. Il faut donc combattre les politiques funestes d’une gauche qui n’est pas à la hauteur des exigences du présent.

La seule chose qui puisse mettre le pouvoir à l’abri du retournement d’une opinion déjà profondément déçue, c’est la montée du Front National. François Hollande ne le sait que trop. Avec un cynisme tout mitterrandien, il fait tout son possible pour faire progresser le vote extrême et piéger ainsi la droite républicaine. Nous ne devons pas nous allier avec le Front National. Ce serait contraire à notre histoire, incompatible avec notre projet pour la France et sans intérêt électoral : la droite se diviserait, les électeurs modérés nous abandonneraient. Mais nous ne devons pas non plus nous laisser intimider par la gauche bien-pensante qui use du « politiquement correct » comme d’une massue pour imposer ses vues de plus en plus minoritaires.

Faudrait-il rester sourd au malaise grandissant de nos concitoyens qui en ont assez des cités ghettos, de l’habitat dégradé, des collèges où règne la violence, de l’arrogance des petits caïds ? Ils en ont assez d’avoir peur. Et puis, ils n’ont pas envie de voir le communautarisme se déployer dans la rue, dans les services publics, au travail. Il est hors de question de l’ignorer. Il faut oser le dire et proposer des solutions. C’est ce que je m’efforce de faire à Meaux : alors qu’en 1997, le Front National obtenait 22% des voix au 1er tour des élections législatives ; en 2012, il a fait 10%.

Faudrait-il se taire et laisser nos agriculteurs, artisans, commerçants, professions libérales, entrepreneurs devenir les boucs émissaires d’une gauche essoufflée qui cherche à faire naître une lutte des classes de pacotille ? Faudrait-il fermer les yeux sur le matraquage fiscal sans précédent et sur les attaques répétées contre le travail ? Faudrait-il se résigner à voir les forces vives de notre pays s’épuiser sur place ou partir ? Il n’en est pas question.

Si l’UMP, parti de gouvernement, n’écoute pas le peuple de France, si elle n’exprime pas vigoureusement ses attentes et ne les transforme pas en un projet raisonnable, alors elle ne joue pas son rôle. Nous devons défendre les Français sans complexe, en utilisant tout l’arsenal démocratique conquis par nos aînés, y compris le droit de manifester. Notre devoir est d’éviter des dégâts irréparables. Je pense par exemple aux conséquences du mariage homosexuel ou du droit de vote pour les étrangers. Si personne n’exprime dans le respect des valeurs de la République le ressentiment profond du pays, alors celui-ci trouvera des voies violentes pour dire son exaspération. Si nous campons dans la prudente obsession de ne pas déranger, la rivière de la colère populaire sortira de son lit. Seule une opposition tonique empêchera notre Nation de se déchirer.

Et puis nous devons montrer qu’une autre politique est possible.

Poursuivre ensemble l’histoire de notre Nation au 21ème siècle, c’est possible. En refondant une Europe qui protège, en réduisant l’immigration et en cassant les ghettos urbains, en luttant sans concession contre le communautarisme. En réformant complétement l’école, pour qu’elle transmette les savoirs fondamentaux, le respect des maîtres et le respect des autres. En assumant notre héritage et en soutenant le rayonnement de notre langue, de notre culture.

Restaurer l’autorité dans la société, c’est possible. Par la responsabilisation des parents, le soutien aux familles, la protection des personnes âgées. Par un combat sans merci contre la délinquance et la criminalité, avec une mobilisation totale de nos forces de l’ordre, avec davantage de places de prison, avec pour chaque délit l’application réelle d’une sanction rapide, forte et juste, y compris pour les mineurs.

Créer de l’emploi en France, relancer le pouvoir d’achat, rembourser nos dettes, c’est possible. A condition d’engager la mère de toutes les batailles, la bataille de la compétitivité. En réduisant fortement les dépenses publiques et le nombre des fonctionnaires. En allégeant les charges qui pèsent sur le travail. En mettant fin aux 35 heures et aux rigidités qui poussent à la délocalisation. En faisant confiance à ceux qui inventent les nouveaux chemins de la connaissance et de la croissance.

Remettre la générosité au cœur de notre pacte social, c’est possible. Notre modèle social est miné par la bureaucratie, les guichets aveugles, les allocations automatiques. Il faut en finir avec l’assistanat qui méprise la dignité humaine. Je veux que l’UMP montre l’exemple en étant à la pointe d’une « révolution civique ». Immergée dans le peuple de France. Présente aux côtés de nos concitoyens les plus fragiles, en leur offrant des services, une écoute, une main fraternelle. L’UMP doit rassembler les Français que personne n’écoute plus, elle doit leur ressembler, les entendre. Les représenter vraiment. Ce travail méticuleux, c’est la condition de la victoire aux prochaines élections locales.

A partir de cette dynamique d’une droite décomplexée, nous pourrons bâtir la plateforme qui permettra le dialogue de notre candidat avec la Nation à partir de 2016. L’enjeu du 18 novembre est là : choisir le premier des militants, celui qui, jour après jour, conduira avec de nouveaux talents la bataille pour reconquérir les cœurs et faire se lever l’espérance.

J’ai appelé les Français à la résistance. Cela signifie se tenir debout pour faire face. Je veux servir cette cause, si noble et si juste. La servir de toute ma force, de tout mon courage, de toute mon énergie, avec tous les militants de l’UMP. Parce qu'ainsi nous servirons notre parti. Parce qu'ainsi nous servirons notre pays.

Oui, en ces temps difficiles, c’est la responsabilité historique de la droite et du centre : libérer notre nation de ses peurs, de ses doutes, de tous les freins qui brident son génie. L’aider à assumer ses valeurs, sa vocation, son ambition. Sortir du déclin pour repartir à l’assaut de l’avenir. En clair, œuvrer ensemble aux succès d’une France décomplexée.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Pascale Binet - dans Présidence de l'UMP
commenter cet article

commentaires