De l'avis même des ténors du groupe Europe Écologie Les Verts au Conseil régional d'Aquitaine ce n'était pas le bon timing. La menace d'un recours en contentieux pour manque de transparence dans le dossier de la LGV évoqué, de manière anonyme, par l'un des élus girondin du groupe (« Sud Ouest » d'hier) ne passe pas chez Alain Rousset et ses amis.
D'abord parce que le dossier de la LGV Tours-Bordeaux n'a jamais été un casus belli entre le groupe socialiste et Europe Écologie Les Verts qui jusque-là contestaient surtout les prolongements de la ligne nouvelle au sud de Bordeaux. Ensuite parce que l'exécutif à la Région estime que le niveau d'information des élus est le même sur ce dossier. À juste titre, les écologistes demandent depuis l'automne dernier que leur soit communiqué un certain nombre de documents qui fondent l'intervention financière de la collectivité, qui s'élève à plus de 600 millions d'euros sur plus de dix ans. « Nous avons fourni tous les documents en notre possession que cela soit l'enquête publique, le dossier de la négociation de desserte et financement et les éléments financiers », assure Bernard Uthurry, le vice-président (PS) aux infrastructures, passablement agacé par ces reproches masqués.
Opacité du contrat
D'autant qu'il présidait le 14 février une réunion à laquelle participaient les leaders écologistes et qui a permis de faire le point sur tous ces sujets. Les élus écologistes demandent aussi la communication du projet de contrat de concession avec Vinci. Ce n'est pas à la Région de le transmettre mais à Réseau Ferré de France (RFF) qui n'est pas contre mais exige la signature d'une clause de confidentialité « à laquelle nous ne pouvons souscrire en tant qu'élus », s'indigne Patrick Du Fau de Lamothe, élu Europe Écologie. Son groupe a hier trouvé une occasion de rebondir en dénonçant, « l'opacité des contrats publics privés ». Un angle d'attaque politique concerté samedi dernier avec les élus de Poitou-Charentes et de Midi-Pyrénées. Au final, théoriquement, les élus écologistes aquitains ont encore deux mois pour déposer leur recours. Hier, ils semblaient moins enclins à le faire.
Le Sud Ouest du 230211