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LGV Tours - Bordeaux : la Vienne donne son feu vert

TGV_574.jpgLe conseil général donne son accord au financement et à la réalisation du tronçon central, mais il le soumet à des conditions préalables.

Après les communautés d'agglomération du Pays châtelleraudais et du Grand Poitiers, le conseil général de la Vienne a donné hier son accord sur le financement de la ligne à grande vitesse Sud-Europe Atlantique entre Tours et Bordeaux. Une majorité des conseillers généraux a approuvé la convention de financement et de réalisation de ce tronçon (une abstention de Michel Brouard (PC), et trois contre (groupe Initiatives et Progrès), la participation du département de la Vienne étant fixée à un peu plus de 28,3 millions d'euros (valeur 2009). Néanmoins, les élus ont assorti leur accord à un certain nombre de conditions préalables, en particulier la mise en place d'un droit au départ compensé à 100 % de la décote, au bénéfice des propriétaires qui seraient exposés à des impacts réels sur leur vie quotidienne, après la mise en service de la LGV. L'autre condition est l'engagement explicite de l'État sur le fait que les mesures de protection des riverains et de protection du patrimoine naturel soient effectivement mises en oeuvre.

'' La légèreté de RFF ''

« Un grand projet d'aménagement du territoire, nous l'approuvons », a souligné Michel Touchard (PS), tout en exprimant des craintes et des réserves : « Il faut être vigilant pour s'assurer de la réelle mise en oeuvre des conditions. Une participation échelonnée au financement serait une sage précaution ». Le président du conseil général, Claude Bertaud, a dit partager les mêmes inquiétudes en évoquant « la légèreté de Réseau Ferré de France » et parfois le manque de transparence, notamment sur la question de l'environnement : « Nous n'avons pas obtenu l'ensemble des assurances que nous souhaitions ».
Tous se sont dits conscients de l'opportunité constituée par cette infrastructure en matière de développement économique, ainsi que d'emplois avec le chantier. Pour le chef de file de l'opposition, Gérard Barc, il faut prendre à bras-le-corps cette dimension au risque de voir venir des gens de l'extérieur au département travailler sur le chantier de la LGV.
« Nous sommes en train de vouloir payer un beau joujou dont nous n'avons pas le premier sou pour en financer la note », a estimé de son côté Francis Girault (Initiatives et Progrès), en évoquant les doutes du président de la SNCF sur la nécessité de financer des nouvelles lignes alors qu'on ne parvient pas à entretenir les lignes existantes.

bon à savoir

Les élus ont aussi débattu du projet de LGV Poitiers - Limoges. Après avoir pris acte du tracé et arrêté un certain nombre d'exigences, notamment sur la priorité de l'aménagement à 2 x 2 voies de la RN 147, ils ont réclamé qu'une véritable étude d'une solution alternative soit menée et réaffirmé que les engagements du Département ne concernent que le financement des études. « Il faut prendre nos responsabilités, nous n'avons pas les moyens de financer les travaux sur cette LGV », ont insisté à plusieurs reprises le président Claude Bertaud et son vice-président en charge des finances, Guillaume de Russé.
On s'acheminait donc vers la décision ferme et définitive de ne pas participer au financement des travaux, mais plusieurs élus de l'opposition ont opté pour une position moins tranchée, avec la formulation d'exigences, à l'image de Gérard Barc (PS) qui a estimé que la question du financement n'est pas d'actualité, sans doute pour ne pas froisser Poitiers et Grand Poitiers favorables au projet. Élu justement de Grand Poitiers, Maurice Monange (PS) a donc voté contre, tout comme le groupe Initiatives et Progrès.

La Nouvelle République
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