La décision officielle doit intervenir le 9 janvier mais, après une réunion à Paris lundi, l'association «Ouvrons l'œil» de Layrac craint le pire : le passage de la ligne à grande vitesse (LGV) plus au sud que le fuseau initial.
Entre la H 222, le tracé officiel, et la H 226, suivant les propositions d'un bureau d'études diligenté par les élus de la CAA, le choix serait fait. De sa courte entrevue au ministère des Transports à Paris, lundi, le président de l'association « Ouvrons l'œil », Thierry Pilliaudin garde une sale « impression et c'est d'ailleurs plus qu'un sentiment ».
La directive de la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet viserait à privilégier le H 226. « Que nous a-t-on dit ? Tout bonnement que la ministre allait s'appuyer sur ce que préconisent les politiques, ce qui veut dire que le scénario que l'on redoutait risque de se produire… ».
Ce scénario préconise, dans son étude préalable, une autre option que le tracé proposé par Réseau Ferré de France et ce double franchissement de la Garonne à Boé décrié par le président de la CAA et Christian Dézalos, le maire de Boé, une commune directement touchée dans cette section de la traversée de l'agglomération.
93 habitations
Cette option alternative de la CAA s'appuie sur un tunnel entre Moirax et Layrac. Cet ouvrage d'art n'est que l'une des inquiétudes d'»Ouvrons l'œil ». « Il faut imaginer » expliquait récemment Thierry Pilliaudin « que les serres des établissements Barennes par exemple seraient rasées. Il faut aussi regarder les plans de RFF. Avec un remblai de 13 mètres, la ligne à grande vitesse serait quasiment à la même hauteur que l'esplanade du Royal » dans le centre de Layrac. Sans oublier les 93 maisons d'habitations situées sur le tracé. « C'est la solution préconisée par le président de la CAA. Il n'est pas une seule fois question de l'humain dans ses propos. Le bas du bourg va morfler si d'aventure cette option de tracé est maintenue
[…] ».Interrogé lundi lors d'un débat organisé par 47 FM (lire ci-dessous), le chef du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO) Christian Maudet n'a pas souhaité confirmer cette option, renvoyant la responsabilité finale à la ministre. Mais ce responsable de Réseau Ferré de France indiquait, officiellement et a contrario, que l'impact financier d'une option ou d'une autre pèserait dans le choix final. 80 millions d'€ supplémentaires pour la version H 226 prônée par la CAA, qui a le soutien du conseil général. Questionné à son tour, Jean Dionis dit que « l'État a perdu sa boussole. Son option initiale n'est pas acceptable pour le patrimoine des coteaux de Gascogne. On doit trouver une solution durable dans le droit fil de l'idée de RFF d'un couloir de nuisance unique le long de l'autoroute. »La proximité des élections législatives en juin n'aurait bien sûr rien à voir avec l'option que pourrait choisir in fine le ministère, si la LGV Bordeaux-Toulouse n'est pas remise en question. Nathalie Kosciusko-Morizet indiquait vendredi à Paris qu'elle souhaitait une étude sur la pertinence des projets de ligne à grande vitesse.
La Dépêche du Midi