Ah, que ne faut-il pas faire pour ne pas donner l'impression de se déjuger ! Tant en région Centre qu'en Poitou-Charentes, les élus sont contraints de déployer des trésors d'ingéniosité pour participer au financement de la LGV Tours-Bordeaux sans pour autant paraître céder aux injonctions de l'État.
A Orléans, en octobre 2010, François Bonneau avait assuré qu'il ne mettrait pas un sou dans les lignes grande vitesse Sud-Est Atlantique et Paris-Orléans-Clermont-Lyon. A Poitiers, Ségolène Royal - une autre présidente socialiste de Région - avait proclamé qu'il était hors de question « de payer 7 milliards d'euros pour des travaux décidés par l'État ».
Reste qu'il fallait éviter les situations de blocage. Alors, à Orléans, François Bonneau s'apprête à faire du donnant-donnant. La Région accepterait de verser 19 M€ au titre du financement de la LGV Sud-Est Atlantique... mais, en contrepartie, l'État prendrait en charge les travaux du passage à niveau de Chartres (l'investissement est quasi-identique) afin de désenclaver la préfecture d'Eure-et-Loir.
En Poitou-Charentes, le scénario est différent mais il concourt au même but. La Région ne paiera pas en lieu et place de l'État « d'autant plus que, s'il y a bénéfices, ils seront privatisés alors que, s'il y a déficit, la collectivité devra les assumer ». Elle accepte, par contre, de consentir à l'État un prêt de 95M€ sous forme d'avance remboursable à condition que des garanties lui soient offertes tant en matière de desserte ferroviaire que de protection environnementale.
Une décision qui, à l'heure où l'on glose sur les transferts de recettes liées à une décentralisation bien comprise... ne manque pas de sel !