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LGV : le contre-projet de la Région

TGV_572.jpgSégolène Royal a fait voter à une courte majorité une avance remboursable à l'État dans le cadre du financement de la LGV SEA.

Le sujet a fait déplacer les anti-LGV, venus jouer les loobbyistes pacifiques en s'installant massivement dans l'hémicycle de l'hôtel de région. Attendu avec fermeté par l'opposition et sérénité par la majorité régionale, le débat sur le financement des travaux de la ligne LGV Sud Europe Atlantique (SEA) a bien eu lieu. Avec en sus, une suspension de séance d'une quinzaine de minutes.
Les élus devaient voter 95 M€; l'enveloppe s'élève en fait à 103 M€ mais les conseillers régionaux avaient donné leur accord pour payer les études à hauteur de 8 M€, contribution financière de la collectivité territoriale pour réduire la facture de l'État. Pas question, a dit en substance la présidente PS de payer ces travaux de 7 milliards d'euros décidés par l'État et concédés au groupe Vinci. « L'ouvrage relève de la stricte compétence de l'État », a rappelé Ségolène Royal qui « n'accepte pas que les bénéfices soient privatisés et que les pertes ou les investissements relèvent des collectivités. »
La présidente du conseil régional a proposé aux élus un prêt sous forme d'avance remboursable octroyé à l'État d'un montant de 95 M€. Il sera débloqué lorsque seront garanties la desserte ferroviaire des gares de la région, la fréquence des trains, et toutes les conditions environnementales assurées.
L'opposition, prête à voter sur la base des engagements pris voilà plusieurs mois à travers les autorisations de programme, a été surprise de découvrir un rapport sur table au dernier moment. « La véritable bonne gestion est d'être fidèle au texte que nous avons voté en 2007 », a fustigé le président de l'intergroupe Henri De Richemont qui a obtenu une suspension de séance à la distribution du nouveau texte et demandé en vain un vote à bulletin secret. « Toutes les collectivités ont répondu oui », a défendu le Charentais « La question n'est pas de savoir si c'est une bonne gestion ou non mais si nous voulons le développement de notre région. » Les élus ont voté oui au contre-projet (30 voix) ; L'opposition et Europe Écologie ont dit non (25 voix). « La Région est dans son rôle de résistance » a conclu Ségolène Royal. « Mais que fait-on maintenant ? », s'est interrogé Olivier Chartier ?

grand poitiers

L'Agglo ne laisse pas passer le train

La salle du conseil de Poitiers était pleine hier soir pour le conseil communautaire. L'examen du dossier de la LGV SEA avait attiré le public et la totalité des 80 conseillers communautaires. Sans surprise, Grand Poitiers n'a pas laissé passer le train à grande vitesse. Comme prévu, il y eut des réticences (les élus communistes et la maire de Migné-Auxances Florence Jardin se sont abstenus) et des oppositions (les autres délégués mignanxois, Jean-Luc Loiret de Vouneuil, Maryse Desbourdes du NPA, et les Verts). Mais l'UMP-NC et le PS ont fait très lourdement pencher la balance : 62 pour, 14 contre, 4 abstentions. La convention de 9,9 M€ est passée comme une lettre à la poste sous réserve (naturelle) de raccordement de la ligne à Poitiers.

la phrase

« Pour nous, c'est une occasion à ne pas rater pour développer le territoire. »

A l'heure où les collectivités débattent de leur participation au financement de la LGV Sud Europe Atlantique, le président du conseil économique et social régional, Jean-Paul Moinard souligne le caractère « extrêmement important » de cette ligne et du projet de TGV Poitiers - Limoges : « La LGV SEA reliera la façade atlantique au réseau européen. La ligne Limoges - Poitiers peut être un atout pour faire de Poitiers un début de noeud ferroviaire. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les développements se sont faits sur des zones de trafic. » Jean-Paul Moinard juge que les collectivités, sont pleinement dans leur rôle en demandant des assurances et des « contreparties légitimes » à l'État. Mais il n'en invite pas moins les élus à prendre leurs responsabilités : « Les négociations ne doivent pas durer indéfiniment : il y a un moment où un accord doit finir par se prendre. »

La Nouvelle République
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