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Le billet pour la LGV composté sans enthousiasme

TGV_571.jpgMalgré les réticences, les oppositions et les inconvénients, Grand-Poitiers est monté dans le wagon de tête de la ligne à grande vitesse.

Un vrai hall de gare un jour de départ en vacances. Le conseil communautaire s'est joué à guichets fermés hier soir : les 80 sièges réservés aux délégués étaient occupés et les rares strapontins dévolus au public se sont vite arrachés. Plus que la présence remarquée du nouveau candidat déclaré à la présidentielle Aurélien Tricot ou le débat d'orientation budgétaire (lire par ailleurs), c'est la mise sur les rails de la Ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) qui attiré élus et citoyens.
Le président Alain Claeys posa de suite les enjeux du débat devant conduire la communauté à s'engager pour la somme rondelette de 9.904.560 €. « Pour notre agglomération, les infrastructures ferroviaires constituent un élément primordial d'attractivité. Si la LGV ne s'arrêtait pas à Poitiers ce serait une catastrophe. Bien sûr, la charge est lourde pour nos collectivités. Je connais les contraintes pour les communes comme Migné. Mais nous ne pouvons passer à côté de ce facteur primordial de notre développement. » Le maire de Saint Benoit Dominique Clément aiguilla le débat avec gravité « Nous n'aurons peut-être plus jamais à prendre des décisions d'une telle importance. Nous ne pouvons pas louper ce train. Il faut soutenir ce projet sans état d'âme. »
Maryse Desbourdes (NPA) fut la première à tirer le signal d'alarme. « La grande vitesse c'est le train de quelques-uns contre le train pour tous et partout. » Bernadette Vergnault (conseillère PS, députée européenne) s'emporta sans pour autant dérailler. « On peut défendre les services publics et être pour cette ligne LGV. C'est mon cas. C'est l'avenir de nos enfants et petits-enfants qui se joue. »
Les Verts mettraient bien le projet sur la voie de garage. « Les collectivités vont signer un chèque en blanc, martela Christiane Fraysse. Ce n'est pas acceptable. »
Jean-Jacques Guérin affirma les réticences des élus communistes. « Dans le montage public-privé, le privé a la part trop belle pour le plus grand profit des capitaux spéculatifs au détriment du porte-monnaie des usagers. » Pour le délégué de Migné-Auxances André David, le « partenariat public-privé » fut l'une des quatre raisons qui le fit voter contre. « L'État transfère ses charges sur les collectivités. » Comme l'UMP-NC vota pour des deux mains, le billet LGV fut composté facilement (62 pour, 14 contre, 4 abstentions) mais sans enthousiasme.

La Nouvelle République

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