Dans leur nouveau rôle d'opposants au Parlement de Navarre, Jean-Jacques Lasserre (Forces 64) et Max Brisson (UMP) ne veulent surtout pas passer pour les «mouches du coche», selon l'expression de l'ancien président de l'organe départemental. Comprendre : jouer les contradicteurs sans discernement.
Pour autant, ils sont bien décidés à dire ce qu'ils ont sur le coeur. Or, les deux hommes affirment en avoir «gros sur la patate», concernant le financement du tronçon LGV Tours-Bordeaux, voté par les socialistes au lendemain de leur élection (79,8 millions d'euros) : «J'ai beaucoup regretté que cette décision prématurée soit prise», a énoncé Jean-Jacques Lasserre. «La suite m'a donné raison. Le président du Conseil général est monté à Paris. Il en est revenu en disant que la gratuité que nous avions commencé à négocier pour le péage de Saint-Jean-de-Luz Sud n'était pas envisageable. En payant, il a rendu les armes avant de discuter de contreparties. Ce n'est pas comme cela qu'on négocie». Max Brisson a, lui, évoqué «des munitions liquidées».
Pour appuyer son argumentaire, le duo a mis en exergue les deux négociations avec l'Etat, réussies par Ségolène Royal en Poitou-Charente et par Martin Malvy en Midi-Pyrénées : «Au lieu cette stratégie de l'exigence, c'est la stratégie de faiblesse qui l'a emporté», a tonné M. Lasserre. Les deux hommes ont convenu de contacter M. Labazée pour lui demander de «revisiter l'accord conclu avec l'Etat».
Le Journal du Pays Basque