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LGV : l'urgence a prévalu

TGV_705.jpgLa nouvelle majorité a approuvé la convention de financement. UMP et Forces 64 ont refusé de prendre part au vote.

«Il faut donner du temps au temps. » Max Brisson, conseiller général de Biarritz-Ouest, président du groupe UMP au Conseil général, a dû méditer cette phrase célèbre de François Mitterrand. C'est, en tout cas, l'idée que Juliette Séguéla (Biarritz-Est) et lui-même ont défendue hier, où le Conseil général tenait sa première session depuis le changement de majorité. Session dont le morceau de résistance était le financement, à hauteur de 79 millions d'euros, de la future LGV et, plus exactement, du tronçon entre Tours et Bordeaux. Les élus départementaux étaient invités à approuver la convention de financement proposée par l'État.

Président la séance avec sa bonhomie habituelle, le socialiste Georges Labazée a, dès le matin, expliqué la position de la nouvelle majorité départementale. « Voulons-nous la LGV Tours-Bordeaux ? Oui. Sommes-nous satisfaits du dossier tel qu'il nous est présenté ? Non. Avons-nous des solutions alternatives pour ce qui est des modalités, notamment sur la traversée du Pays basque ? Nous pensons que oui. Avons-nous des exigences dans le suivi de ce dossier ? Nous disons oui. Pouvons-nous retarder notre prise de position de plusieurs mois ? Nous pensons que non. »

Le nouveau président a exprimé des regrets sur la manière dont ce dossier avait été conduit par l'exécutif précédent, tout entendant hommage à l'action de son prédécesseur, Jean Castaings « qui a essayé, face à l'inertie de la règle à calcul, de bien défendre les intérêts du département dans la prise en compte de compensations ».

Et d'annoncer que d'autres compensations avaient été exigées par le nouvel exécutif départemental. « Pour ce qui est de la traversée de la LGV en Pays basque a-t-il précisé, basque, nous serons vigilants et attentifs aux arguments développés localement. S'il faut des études complémentaires, notamment pour conforter ou infirmer les hypothèses de RFF, alors il faudra les faire. »

« Démesurée »

Des arguments qui n'ont pas convaincu Juliette Séguéla. Porte-parole de Forces 64 en l'absence de Jean-Jacques Lasserre, elle trouve « démesurée » la contribution demandée au Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, les clés de répartition et les critères de calcul ayant été établis « en dépit du bon sens ». Les contreparties annoncées ne présentent à ses yeux « aucune garantie de stabilité et d'applicabilité ». Et enfin, a-t-elle rappelé, son groupe est opposé à la création d'une ligne nouvelle pour relier Bayonne à l'Espagne.

Max Brisson, de son côté, a rappelé qu'il avait toujours été pour ce financement de la LGV, mais que son groupe avait décidé, dès 2008, de limiter la participation à 53 millions d'euros, ce qui avait, alors, été accepté par les élus des autres groupes, socialistes compris.

Et, tout comme sa collègue Séguéla, il considère qu'il faut encore « consolider contre parties attendues ». La rétrocession de la RD 1 dans le réseau autoroutier et la suppression du péage de Saint-Jean-de-luz, qui devaient faire partie de ces contreparties étant « renvoyés à des négociations futures avec les ASF ».

Discipline à gauche

C'est seulement en milieu d'après-midi que la délibération, présentée par Bernard Molères, conseiller général d'Orthez, a été soumis à débat. Des élues socialistes comme Margot Triep-Capdville (Billère), présidente du groupe de gauche, et Marie-Pierre Cabanne (Pontacq), qui a mis en avant la nécessité d'une liaison avec la péninsule ibérique, sont montées au créneau pour défendre la délibération. Tout comme Nathalie Franc (Pau-Ouest), qui annoncé qu'elle voterait pour, bien qu'elle soit totalement opposée à la Pau-Oloron dont l'aide par l'État est une des « garanties » annoncées. Même Kotte Ecenarro (Hendaye) a voté pour. Seule, à gauche, Marie-Christine Aragon (Bayonne-Est) s'est abstenue.

Max Brisson n'a pas manqué d'ironiser sur ce côté très discipliné, petit doigt sur la couture du pantalon, de ses collègues socialistes, alors que, dans l'opposition, les voix étaient plus discordantes. L'UMP Jean Castaings a annoncé qu'il voterait pour, sous certaines conditions, Philippe Juzan (Saint-Jean-de-Luz) contre. Et la plupart des élus UMP et Forces 64 ont choisi de ne pas prendre part au vote. Il y a eu seulement 37 votants sur 52 : 32 voix pour, 3 contre et 2 abstentions. Parmi les contre, l'abertzale Alain Iriart (Saint-Pierre-d'Irube), fermement opposé au projet de LGV, et qui constitue désormais un groupe à lui tout seul.

La motion présentée par Bernard Auroy (Ustaritz) demandant une nouvelle délibération sur le financement de Tours-Bordeaux, prenant en compte les particularités du Béarn et du Pays basque n'a finalement pas été soumise au vote.

Le Sud Ouest du 290411
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