Le Conseil général accepte de payer les 79 millions voulus par l'État. Les élus l'ont voté dans la division, hier, à Pau.
Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques accepte, finalement, de mettre 79,8 millions d'euros dans la construction du tronçon Tours-Bordeaux de la future ligne à grande vitesse Sud-Europe Atlantique. La décision est tombée hier soir, peu avant 21 heures.
La délibération qui autorise le président, le socialiste Georges Labazée (Thèze), à signer enfin le protocole financier que lui propose l'État est passée avec 32 voix « pour », 3 voix « contre » et 2 abstentions. Mais 15 conseillers généraux ont tout simplement refusé de participer au vote…
Après 3 h 30 d'un débat intense et riche, où les différences d'appréciation ont surtout émergé au sein des groupes UMP et Forces 64, l'assemblée départementale a mis fin à pratiquement cinq ans de réflexions, discussions et polémiques - y compris lors de la dernière campagne des cantonales - sur un dossier d'infrastructures de transport jugé important, à moyen terme, pour le désenclavement des Pyrénées-Atlantiques et singulièrement du Béarn.
Un dossier compliqué dont la majorité de gauche a tenté, hier, en réunion plénière d'assemblée départementale, de mettre au jour toutes les facettes. Non sans difficulté. Comment est-on passé, ainsi, d'une délibération de novembre 2008 mentionnant une participation de 53 millions d'euros aux 80 millions d'aujourd'hui ? Barthélémy Aguerre (Forces 64, Saint-Palais) qui a successivement travaillé avec Jean-Jacques Lasserre (Modem, Bidache) et Jean Castaings (UMP, La Bastide-Clairence) sur le projet a son explication. 53 millions, c'était en effet calculé sur la base des euros de 2006. À la fin des travaux et des paiements, vers 2018, la facture réactualisée devaient alors atteindre les 76 millions. Comme les 79,85 millions (valeur 2009) votés hier devraient aboutir à près de 100 millions une fois « l'ardoise » départementale purgée…
Déjà la Pau-Oloron…
Alors, bien sûr, s'y greffe la question des contreparties que le Conseil général, comme d'autres collectivités, a tenté d'obtenir ou obtenu de l'État. Le « marchandage », rude, a porté sur différents projets. Avec des crédits nouveaux d'un côté, en moins de l'autre… Qui en sort véritablement gagnant ? Difficile à dire. En tout cas, l'État a fini par accepter de mettre 60 millions d'euros dans la balance pour la réalisation de la future route Pau-Oloron. Il s'engage aussi à lancer le débat public sur la desserte de Pau et du Béarn en 2012 ou 2013. Mais pas pour le reste (gratuité du péage autoroutier de Saint-Jean-de-Luz…), les garanties sont bien moindres.
L'opposition, par l'UMP Max Brisson et Juliette Séguéla (Modem- Biarritz-Est), a jugé que le compte n'y était pas, qu'il fallait négocier encore. Mais pour le président Labazée, certain qu'il n'y a plus rien à espérer, il est temps de « prendre nos responsabilités » en votant. Malgré les incertitudes qui demeurent, les élus ont donné mandat à leur président de signer le protocole financier. Une page se tourne. Mais on n'est pas au bout des débats enflammés. La question de la desserte - encore hypothétique - de Pau via Orthez ou non reste en effet en suspens. Et celle du Pays basque bien problématique. Et par leur vote, hier soir, les élus ont également fait un pas important dans le projet d'une nouvelle route entre Pau et Oloron qui, lui aussi, fait déchaîne les passions…
Le Sud Ouest du 290411