S i nous étions encore au conseil régional, nous soutiendrions la volonté de résistance de Ségolène Royal, annonce Paul Fromonteil, (*) car il s'agit de revoir la totalité du financement de la ligne LGV SEA. Les élus communistes du département de la Vienne affichent clairement leur ligne politique sur ce grand projet. « Nous sommes favorables aux lignes à grande vitesse et particulièrement à celle-ci, indique Jean-Jacques Guérin, (**) l'heure est au développement rapide. » Mais pas à n'importe quel prix. Et surtout pas quand cette politique de grands travaux est financée par un consortium privé, Vinci, qui va concevoir, construire et exporter la ligne à grande vitesse : « C'est la première fois, dans notre pays, que cela se déroule ainsi si l'on fait exception qu'au XIX e siècle les lignes de chemin de fer, rappelle le vice-président de Grand Poitiers, ont été réglées par des capitaux privés - mais en 1936, la nationalisation a donné naissance à la SNCF »
« Nous disons non à la privatisation qui va entraîner, selon les élus communistes, une augmentation du coût du kilomètre acquitté par la SNCF à RFF : la SNCF paie aujourd'hui 11 € par kilomètre, elle passerait à 20 €. » Jean-Jacques Guérin croit savoir que le ticket de train sera en hausse « de 15 % minimum » et que cette décision préfigurera de ce qui va se passer « sur l'ensemble du réseau ».
Le conseil général, Michel Brouard, dénonce, lui, le culot de l'État qui doit déjà au Département « une facture de 200 M€ » au titre du transfert des charges « mal compensées » et qui « nous demande pour la SEA 27 M€ ». « Ce n'est pas acceptable. » Pas plus que les collectivités locales « abondent à hauteur de 1,7 milliard d'euros sur 8 milliards pour financer cette ligne qui relève de la compétence de l'État ».
(*) Ancien vice-président de cette collectivité territoriale et actuel président d'honneur de l'association départementale des élus communistes et républicains. (**) Vice-président de Grand Poitiers.