Pierre Recarte et Pantxo Tellier de Nivelle-Bidassoa ont présenté les actions menées ces derniers mois. Ils viennent de publier une enquête approfondie sur le sujet.
Il y a deux catégories de soirées « diapos ». Celle pour raconter des vacances au soleil, et l'autre, beaucoup plus sérieuse, pour résumer l'action militante menée depuis de longs mois. Lors de son assemblée générale qui a eu lieu vendredi soir dans la salle Itsas Mendi à Urrugne, l'association Nivelle-Bidassoa a choisi la deuxième option pour mettre en avant son combat contre le projet de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Bayonne et Hendaye.
De nombreuses diapositives ont défilé sur l'écran du cinéma d'Urrugne, devant une centaine d'adhérents et sympathisants, preuve que l'année a été riche en rebondissements sur le front anti-LGV : affrontements avec les forces de l'ordre, altercation avec le président de la Région Alain Rousset, blocages contre les forages géotechniques, « prise en otage » de quelques heures d'un technicien mandaté par RFF, manifestation des tracteurs à Bayonne, sollicitations des élus et des médias, participation aux consultations, etc. Pas une semaine sans un rebondissement contre un projet jugé « ruineux, dévastateur pour l'environnement et réservé à une minorité ».
« Les conseillers généreux »
Lors de la réunion, le réquisitoire du président Pantxo Tellier et du médecin Pierre Recarte visait les responsables de RFF (« ils dissimulent les vrais chiffres »), les élus de la nouvelle majorité au Conseil général (« les conseillers généreux »), le gouvernement et une partie des médias. Mais l'heure n'était pas qu'aux règlements de comptes. Car les responsables de Nivelle-Bidassoa ont des arguments solides pour critiquer la LGV au Pays basque.
Mais avant de faire dérailler le projet, les militants vont encore devoir cravacher : « Le combat n'est pas gagné, loin de là, mais il continue. Les choses avancent doucement et nous ne désespérons pas de convaincre les élus. Pour cela nous avons besoin d'une forte mobilisation des habitants », résume Pantxo Tellier.
Pour prouver que les arguments anti-LGV ne sont pas « stupides », « comme l'a dit Alain Rousset », Pierre Recarte et François Tellier ont travaillé jour et nuit ces dernières semaines pour écrire l'ouvrage intitulé « Les rails de la déraison ». Le but du livre, qui a été présenté lors de l'assemblée générale vendredi, est de montrer comment l'absence d'entretien du réseau ferré français, couplé au développement « irresponsable » des nouvelles lignes à grande vitesse, « est une véritable machine infernale ».
Les deux auteurs ont livré un vrai travail d'investigation pour apporter une contradiction étayée sur un très large fonds documentaire : impact dur l'environnement, problème de liaison avec le « Y » basque, coût exorbitant, point sur la mobilisation, analogie avec les autres combats anti-LGV dans le reste de l'Europe, etc. Les militants de Nivelle-Bidassoa proposent également d'autres pistes. « J'espère que les élus achèteront ce livre pour comprendre un peu mieux les enjeux du dossier », conclut Pantxo Tellier.
« Les rails de la déraison » de Pierre Recarte et François Tellier aux éditions Nuvis.
Le Sud Ouest du 070611