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L'Agglo agenaise menace de ne pas financer Bordeaux-Toulouse

TGV_783.jpgSi des élus des 28 communes concernées par le futur tracé estiment que les réunions de concertation ne servent plus à rien, d'autres y croient encore.

De la Gironde à Montesquieu et de Montesquieu au Tarn-et-Garonne. Deux réunions de la commission consultative (1) ont de nouveau eu lieu hier, afin d'affiner le choix du futur tracé, lequel est censé être arrêté à l'automne.

Hier matin, c'est la première partie du tronçon, la plus rurale, qui a concentré les débats. Ou plutôt les échanges. « À part quelques communes qui ne sont pas d'accord, les unes préférant le tracé sud, les autres le nord, ça s'est à peu près bien passé », résume Alain Lorenzelli, maire de Bruch. D'après lui, c'est d'ailleurs le tracé sud « qui tient la corde ». Pour Didier Massias, le maire de Feugarolles, ce serait en tout cas « l'option la moins pire », celle qui condamne le moins de maisons. Mais l'élu est résigné : « À force, je commence à en avoir marre de ces réunions. De toute façon, tout est décidé depuis longtemps… Mon seul souci concerne l'indemnisation des propriétaires. »

« Où ils veulent »

Michel Darrouman, maire de Pindères, juge pour sa part que « c'est acté à 80 % ». À Pompiey, le maire, Maurice Boutin, emploie déjà le passé : « J'aurais préféré le tracé nord ». Pareil pour Dominique Sarion, maire de Xaintrailles, qui voudrait que Réseau ferré de France (RFF) tienne un peu plus compte de l'attachement des habitants pour les environs du carrefour du Placiot ou du lac de La Lagüe… « De toute façon, on n'a jamais été écouté. Cette concertation, c'est du vent. Ils trouvent toujours des arguments pour passer où ils veulent. »

L'après-midi, les élus invités à plancher sur la partie plus urbaine du tracé, celle comprenant notamment la traversée de l'agglomération agenaise, ne l'ont pas entendu de cette oreille. Les élus de la CAA ont certes apprécié que RFF accède à leur demande en étudiant l'option tracé sud. « C'est déjà ça, mais ce sera dur car l'écart de prix prévisionnel est, d'après RFF, conséquent », indique Christian Dézalos, maire de Boé. Un argument qui pourrait suffire à orienter la balance, comme le laisse penser l'exemple du double franchissement de Garonne (lire « Sud Ouest » du 23 mai). Réseau ferré de France reconnaît en effet que cette option ne présente que des désagréments. Mais elle a un avantage, de poids : elle est la moins coûteuse.

« Une option… »

Un argument qui, pour Christian Dézalos, ne pèse pas lourd par rapport à l'impact environnemental d'une telle opération : « On l'a redit et l'intérêt commun impose de refuser », poursuit le vice-président de la CAA, qui évoque une position commune du Conseil général. Patrick Cassany, son vice-président, confirme. Mais se montre moins menaçant que la CAA. Son président, Jean Dionis, estimait en effet hier que « ne pas participer au financement du tronçon Bordeaux-Toulouse peut être une option. En tout cas, on marquera clairement notre préférence. » Patrick Cassany, lui, juge qu'il est encore trop tôt pour se prononcer sur la question…

(1) La commission consultative s'est réunie hier en préfecture, sous la présidence du préfet. Y ont pris part les 28 maires des communes concernées, RFF, Jean Dionis du Séjour président de la CAA, Patrick Cassany représentant le Conseil général et Lucette Lousteau pour le Conseil régional.

Le Sud Ouest du 070611
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