Cosea fera en sorte d'épargner l'usine Sinex. En revanche, une douzaine d'habitations sont toujours menacées.
Comme nous le révélions samedi dans nos colonnes, Cosea, le constructeur de la Ligne à grande vitesse (LGV), a annoncé à Jean-François Dauré, maire de La Couronne, une modification de l'emprise de celle-ci au sud de la ville.
Cosea affirmait qu'il lui était impossible d'entourer la LGV de « talus enraidis ». Le constructeur souhaite au contraire cerner la ligne de talus en pente douce, beaucoup plus gourmands en emprise. Résultat : une douzaine d'habitations, au village des Gallands et aux abords de la route de Claix, ainsi que l'usine de la Sinex, menacées de destruction…
Mardi, lors d'une réunion publique organisée par la mairie de La Couronne, Cosea a lâché un peu de lest : le constructeur a révélé qu'il maintenait ses talus enraidis en bordure de l'usine Sinex, écartant ainsi le risque de démolition des locaux de l'entreprise.
Commune sacrifiée
En revanche, pas de changement pour le reste du secteur : les habitations sont toujours sur la sellette. « Je ne vois pas pourquoi les talus enraidis seraient viables au niveau de l'usine et impossible à réaliser ailleurs, tempête Jean-François Dauré. Je réaffirme ma volonté de me battre jusqu'au bout pour que ce quartier soit préservé. Je considère pour l'heure que rien n'est acté : je n'ai aucun document écrit, signé de Cosea, sur le sujet. »
Deuxième commune la plus « impactée » par la construction de la LGV, après Ambarès, La Couronne ne compte « que » trois kilomètres de voies nouvelles sur son territoire.
En toute logique, contrairement aux maires ruraux charentais, Jean-François Dauré n'admet pas que l'indemnisation des communes, tirée du Fonds de solidarité territoriale (FST), soit indexée uniquement sur le nombre de kilomètres de voies nouvelles.
« Nous demandons une aide exceptionnelle pour le sacrifice consenti par La Couronne. D'autres secteurs de la commune, à La Font ou à La Courade, seront considérablement impactés. L'État doit le reconnaître ». Une rencontre avec la préfète est prévue le 20 décembre.
Le Sud Ouest