Éleveur laitier à Sillans-la-Cascade, Michel Apostolo est porte-parole régional de la Confédération paysanne et membre du bureau varois de ce syndicat paysan. Ce dernier appelle à manifester samedi à Marseille. (1)
Quelle est votre analyse sur le projet LGV Paca ?
Depuis le départ, la Confédération paysanne s'est opposée à la LGV. Nous avons travaillé dès 2005 avec des associations, en solidarité avec tous ceux impactés par ce projet et pas seulement les agriculteurs. Nous avons participé à toutes les manifestations, où nous étions plus ou moins nombreux au début. Nous sommes contents de voir que notre slogan « la LGV ni ici, ni ailleurs » est maintenant repris par tous, comme samedi dernier à Toulon.
Vos motifs d'opposition ?
Notre première motivation : la préservation des terres agricoles. Elles ne représentent plus que 8 à 10 % de la surface du département. Nous avons formé un collectif de défense des terres agricoles qui est actif dans le Var mais aussi dans les départements voisins.
Mais cette ligne pourrait être un plus pour vendre vos produits plus loin et plus vite.
Le Var et la région sont déjà un énorme bassin de consommation. On a plus besoin d'une économie locale qui fonctionne que de rapidité dans les transports. En fait, ce qui nous manque, ce sont des communications locales. Au lieu de faire des ronds-points partout, il faut développer les transports en commun. Cette ligne à grande vitesse exacerberait aussi la concurrence avec les régions voisines. De plus, le Var regardera seulement passer les trains. Bref, il est surtout nécessaire de conserver des producteurs et de préserver nos terres plutôt que d'apporter un afflux de population nouvelle et de mettre à la portée des spéculateurs les espaces encore protégés aujourd'hui.
Êtes-vous confiant dans vos chances de réussite pour faire capoter cette ligne ?
Il faut abandonner ce projet mortifère. Certains qui étaient à l'origine de cette ligne commencent à dire qu'elle est trop chère. Les citoyens aussi, qui ne croient plus en ce modèle économique qui nous mène dans le mur. Ce qu'on appelle progrès n'a pas montré son efficacité, la crise en est la preuve.
1. Manifestation à 11 h, samedi 17 décembre, devant la Préfecture de Marseille, où seront remises des pétitions. Bus gratuits au départ d'Aubagne à 10 h (réservation au 04.42.18.19.30.).
Var Matin