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L'Espagne en vue pour la LGV

TGV_817.jpgLe comité de pilotage des prolongements de la ligne au-delà de Bordeaux a réaffirmé son objectif de liaison avec le Pays basque.

Les deux élus s'impliquent, aux côtés de l'État, pour mettre sur les rails les prolongements de la LGV au-delà de Bordeaux.

Pour son premier comité de pilotage du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), c'est-à-dire les prolongements de la ligne à grande vitesse au-delà de Bordeaux vers Toulouse et l'Espagne, Patrick Stefanini, le préfet de la région Aquitaine et coordinateur du projet, n'a pas molli. « Nous avons franchi une étape décisive, qui nous rapproche de la décision finale », a-t-il déclaré à l'issue de la réunion qui s'est tenue hier à Bordeaux.

Sur la quasi-totalité du tracé qui lui était proposé par les équipes de Réseau ferré de France (RFF), l'accord a été trouvé entre les élus et les plus hauts représentants de l'État dans les deux régions. On sait presque complètement (1) par où passera le train quand la ligne sera construite, si elle est construite. C'est ce tracé qui sera transmis au ministre à la fin de l'année, pour une décision au printemps. La décision d'utilité publique pourrait être prise courant 2014.

Quatre points délicats

Quatre secteurs feront encore l'objet d'études complémentaires et comparées d'ici à l'automne. Ce sont les dernières sections où des alternatives pourront encore être proposées.

Il y a d'abord, dans le secteur d'Auvillar, dans le Tarn-et-Garonne, deux tracés encore en balance au nord et au sud, l'un en surface, l'autre enterré mais plus cher. À Agen, le préfet demande à RFF de poursuivre les études pour la traversée de l'agglomération, côté plaine de Boé ou plus au sud en tunnel dans la commune de Layrac, une option plus harmonieuse sur le plan de l'insertion mais plus coûteuse. Enfin, deux secteurs sont encore en discussion au Pays basque (à l'entrée d'Arcangues et en arrivant à la frontière à hauteur de Biriatou) et feront l'objet d'études comparatives plus approfondies.

« Nous devons mener là des études géotechniques et environnementales plus approfondies », a expliqué Patrick Stefanini. Mais, sur les 35 kilomètres entre l'Adour et la Bidassoa, il est toujours proposé d'enfouir entre 12 et 14 kilomètres en tunnel ou en tranchées couvertes.

Concernant le barreau ferroviaire entre le projet GPSO et le Béarn-Bigorre, il a été rappelé hier que les hypothèses de barreau de desserte s'affinaient et que le projet que défendent les forces économiques du Béarn serait saisi par la commission nationale du débat public à la fin de l'année. « Il ne sera pas passé à la trappe », a indiqué le préfet de région.

Mais le point le plus saillant de la courte conférence de presse qui a suivi une longue réunion fut le plaidoyer commun de Martin Malvy et d'Alain Rousset, présidents respectivement du Conseil régional de Midi-Pyrénées et de celui d'Aquitaine.

Potentiel de développement

Les deux élus mouillent la chemise en faveur de ces grands projets d'infrastructures, c'est le moins que l'on puisse dire. Ils les soutiennent fortement dans un contexte de tension des finances locales - l'État s'honorerait de le reconnaître un peu plus souvent. « Enfin, nous avons la perspective d'un Grand Sud-Ouest qui ne soit plus enclavé, loin des grands axes de communication, comme c'est le cas depuis trop longtemps », a insisté l'élu lotois aux commandes de la Région à Toulouse.

« Avec ce projet, nous mettons en fait le Pays basque au centre de la relation franco-espagnole de demain », a renchéri Alain Rousset.

Les deux élus ont insisté sur le formidable potentiel de croissance économique induit par le rétrécissement des distances. Bordeaux à quatre heures de Madrid demain, contre onze heures aujourd'hui, et Bilbao à une heure quarante-cinq. « C'est un nouvel horizon que nous dégageons pour le développement économique », indique Martin Malvy. « Nous construirons cette ligne pour cent cinquante ans », a rappelé le patron aquitain. Alain Rousset a aussi insisté sur la nécessité de geler rapidement un tracé qui ne représente que trois mois d'urbanisation au Pays basque.

La concertation va aussi se poursuivre sur les hypothèses de trafic telles qu'elles ressortent du dernier rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable. C'est un point où l'État, les élus et RFF n'ont pas encore convaincu les opposants.

Le Sud Ouest du 240611

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