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LGV : Le tracé Bordeaux-Espagne acté

TGV_816.jpgSi on sait désormais, à quelques détails près, le tracé de la future LGV Bordeaux-Espagne, il faudra attendre encore pour connaître les résultats de la concertation engagée sur le barreau vers le Béarn et la Bigorre.

Ligne à grande vitesse Le comité de pilotage a décidé d'un tracé « quasi-définitif » de la future LGV.Martine Lignières-Cassou se dit rassurée par la poursuite du processus de concertation même si, selon le préfet de région, « tous les investissements ne sont pas prioritaires ».

Le comité de pilotage (COPIL) sur les Grands projets du Sud-Ouest (GPSO), à savoir les LGV Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse, s'est réuni à Bordeaux et chez le préfet coordinateur, hier. Outre le préfet d'Aquitaine, coordinateur de GPSO, Patrick Stéfanini et Hubert du Mesnil, président de RFF, les deux présidents de Région, Alain Rousset pour l'Aquitaine et Martin Malvy pour Midi-Pyrénées, avaient fait le déplacement.

Après septembre 2010 où le fuseau de la bande des 1 000 mètres avait été défini, un grand pas a été franchi cette fois-ci : le tracé définitif sur les deux itinéraires a enfin été acté. « Ca n'est pas l'étape finale mais une étape décisive », assure le préfet. « Après le travail des comités territoriaux, des acteurs locaux et de la concertation de RFF, nous pouvons présenter une hypothèse de tracé sur la quasi-totalité des 410 kilomètres du projet de lignes nouvelles. »

Deux points noirs

La quasi-totalité car reste deux points noirs et quatre hypothèses à encore creuser : dans le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, et au Pays Basque où on sait que la concertation est au point mort avec élus et associations concernées.

Dans cette dernière partie du tracé, deux études complémentaires d'approfondissement et d'optimisation vont être réalisées « sur deux sections où il y a des difficultés géotechniques et environnementales », selon les termes du préfet : à Biriatou et à l'entrée d'Arcangues.

« A Biriatou, nous savons qu'il y a aura une partie en tunnel mais nous attendons des données géotechniques pour savoir où », explique Christian Maudet, chef de projet GPSO pour RFF. À Arcangues, du fait des enjeux environnementaux, des études complémentaires doivent être menées. Au total, sur les 35 km de voies nouvelles entre l'Adour et la frontière espagnole, 12 à 14 km doivent être en tunnel ou en tranchées couvertes. Le tracé défini passe donc du nord au sud par Lahonce, Mouguerre, Arcangues, au sud de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure, Urrugne et Biriatou.

Le tracé complet en fin d'année

L'étape suivante et finale est attendue pour fin 2011, avec le choix du tracé complet, soumis ensuite à l'approbation du Premier ministre. Et l'enquête d'utilité publique (EUP) pour l'automne 2012. Pendant ce laps de temps, études sur les parties en suspend et concertation vont se poursuivre.

Du projet de desserte Béarn-Bigorre, le COPIL a seulement rappelé la saisine de la commission nationale du débat public prévue pour cette fin d'année. Si ce calendrier est respecté, le débat public aurait lieu fin 2012-début 2013 et l'avis serait intégré à l'EUP de GPSO.

Dans le cadre du schéma national d'infrastructures de transports discuté fin juin au Parlement, des contributions d'experts ont laissé entendre que tous les projets de LGV dont la desserte Béarn-Bigorre, ne pourraient pas être financés. Christian Maudet reste serein : « Nous souhaitons que les conditions techniques soient étudiées pour une éventuelle réalisation dans 10 ou 15 ans. Après, qui peut dire quelle sera la situation économique à cette époque ? » Surtout que le financement de GPSO n'est même pas encore trouvé... l

« Ca n'est pas l'étape finale mais une étape décisive »

Le préfet de région Aquitaine, Patrick Stéfanini

Orthez veut servir de desserte pour demeurer un noeud ferroviaire

Dans la cité Fébus, et plus largement dans l'ouest Béarn, le choix du tracé Dax-Pau via Orthez s'est fait à grande vitesse dans le dossier LGV Béarn-Bigorre. Depuis deux ans, l'association LGV Orthez-Oui, portée par l'ancien maire orthézien René Ricarrère milite et multiplie les actions pour convaincre les différentes autorités compétentes. Plusieurs arguments alimentent le discours de ceux qui souhaitent qu'Orthez serve de desserte béarnaise à la future ligne à grande vitesse. Celle-ci doit permettre, depuis Pau, de gagner Bordeaux en 54 minutes dans le scénario établi. « Et en 1 h 05 seulement si elle passe par la cité Fébus », soulignent les Orthéziens. Leur objectif, continuer de voir Orthez comme un centre, un noeud ferroviaire important. Disposer d'une telle desserte aurait aussi pour la ville et ses alentours un intérêt économique et touristique accru. Dernièrement, les pro-Orthez ont été confortés dans la bataille qu'ils mènent après un échange avec le secrétaire d'État aux transports Thierry Mariani. Ce dernier ne peut afficher sa préférence à l'heure actuelle mais ses conseils ont fait penser à ses interlocuteurs que l'option orthézienne tenait la corde.

ZOOM

Ligne Béarn-Bigorre : le tracé affiné au cours du troisième trimestre

S'il fallait attendre monts et merveilles de la réunion du comité de pilotage du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), hier à Bordeaux, Béarnais et Bigourdans peuvent être déçus.

Il a seulement été « pris acte de la saisine » (par Réseau ferré de France) « de la commission nationale du débat public à la fin de l'année », ce qui est plutôt de nature à conforter Martine Lignières-Cassou. « On ne sort pas du processus prévu après avoir eu quelques inquiétudes sur le calendrier du comité de pilotage », relevait hier soir la députée-maire de Pau.

Il y a seulement 8 jours, elle avait aussi rappelé à toutes fins utiles « qu'il n'y aurait de financement local pour la Bordeaux-Hendaye que si la desserte Béarn-Bigorre est intégrée ». Pour mémoire, les deux « possibilités techniques de raccordement », à savoir depuis Mont-de-Marsan ou en aval de Dax (via Orthez) ne sont (pas encore ?) officiellement abandonnées.

Le nouveau préfet de région Patrick Stephanini a toutefois glissé hier, au détour d'une phrase, que « tous les investissements n'étaient pas prioritaires ». Avant d'ajouter, de manière sibylline, qu'il « faudrait que les élus locaux donnent le meilleur d'eux-mêmes pour que certains projets ne soient pas « trappés ».

Selon le schéma de travail pré-établi, il est désormais prévu que le tracé, affiné au cours du 3e trimestre, soit validé en fin d'année par le comité de pilotage. Il sera ensuite transmis pour approbation au ministère de l'écologie. Sur le plan de la concertation, RFF, qui dit « n'avoir jamais mis en place un tel dispositif », propose pour le public 162 lieux ouverts, la plupart du temps en mairie, et un site internet (gpso. fr). L'avancée des travaux et les différentes hypothèses de tracés peuvent y être consultées.

La République des Pyrénées
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