Par Pascale Binet
Dans le wagon de la LGV-SEA, l'État a fait monter le tronçon Poitiers-Limoges. Le projet, c'est une ligne à grande vitesse de 115 km entre les deux capitales régionales qui mettrait Limoges à 2 h de Paris. Bernadette Chirac l'a proposée en 2003, Jean-Pierre Raffarin l'a validée en 2004. Les collectivités l'ont acceptée, mais pas pour les mêmes raisons. En Limousin, on met en avant le nécessaire désenclavement de région et les impératifs économiques. A Poitiers, Alain Claeys est persuadé que cette ligne renforcera la position de sa gare au sein d'un futur axe à grande vitesse de Nantes et Lyon.
Mais l'opposition à cette ligne est plus forte que sur la « grande » LGV. Deux collectivités essaient de sortir du projet à reculons. A la Région, Ségolène Royal martèle qu'elle ne donnera pas un centime et réclame qu'on étudie des solutions alternatives. Sur un ton plus mesuré, le conseil général de la Vienne va voter lundi un avis dans lequel il rappelle qu'il n'aura jamais les moyens financiers de s'engager sur cette ligne et demande lui aussi un comparatif.
Dans ces conditions, il ne resterait que trois collectivités (Région Limousin, agglomérations de Limoges et Poitiers) pour financer le coût de cette ligne. L'addition risque d'être trop salée.
La Nouvelle République
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