Gauriaguet Les viticulteurs de la commune ont appris qu'ils ne pourront pas vendanger les parcelles concernées par le tracé de la future ligne de train (LGV). Le maire le déplore Un courrier du responsable du pôle foncier de Réseau ferré de France (RFF) adressé le 3 février aux vignerons de Gauriaguet possédant des vignes le long du projet de ligne à grande vitesse (LGV) les a désagréablement surpris. « Par la présente, je vous informe que la possibilité de réaliser les vendanges accordée en 2010 ne pourra être reconduite pour la campagne 2011, compte tenu de la réglementation qui s'impose à RFF en matière d'archéologie préventive », indique le responsable RFF, Armand Thomas.
Et ce dernier de préciser : « Le préfet a prescrit à RFF l'obligation de faire réaliser des diagnostics archéologiques sur les futures emprises LGV et pris des arrêtés qui ouvrent droit à l'occupation des terrains concernés. Ainsi l'Institut national de recherches archéologiques (Inrap) interviendra sur l'ensemble des parcelles à compter du premier trimestre 2011. Compte tenu de ce calendrier, ce courrier vous confirme donc l'impossibilité de réaliser les vendanges 2011. »
« Quiproquo »
Bien que la missive de RFF informe que le cabinet foncier rencontrera les vignerons concernés pour évaluer les indemnités qui leur sont dues, cette annonce a déclenché une vive colère auprès des viticulteurs concernés. Colère relayée par le maire de Gauriaguet, Alain Montangon, qui a aussitôt adressé un courrier de protestation à Armand Thomas. « Je vous rappelle, y est-il écrit, que la commune de Gauriaguet a toujours été favorable à cette infrastructure de ligne à grande vitesse et qu'elle a toujours facilité les démarches de RFF. Je fais également tout mon possible pour faciliter les négociations des propriétaires avec le cabinet Segat pour les acquisitions. Mais il faut que la parole donnée soit respectée pour que tout se déroule de la meilleure façon possible. »
Alain Montangon rappelle en effet que lors d'une rencontre qui s'est déroulée le 26 octobre, il lui a été « confirmé que la récolte de raisin serait possible dans plusieurs endroits et en particulier ceux où le tracé de la LGV n'est pas définitif ». Sur la foi de cette promesse, les vignerons ont donc entrepris la lourde tâche manuelle de la taille et des travaux d'hiver ainsi que la commande de leurs produits de traitement. Tout cela pour finalement apprendre que la récolte ne sera pas possible « alors que nous ne connaissons pas les emprises définitives et que les négociations ne sont pas commencées », stipule Alain Montangon. Se faisant l'avocat des viticulteurs, l'élu critique cette « précipitation » et rappelle que la culture de la vigne demande beaucoup de temps et d'anticipation et que les fouilles archéologiques pourraient être réalisées au dernier trimestre de l'année après la prochaine récolte.
Armand Thomas se défend de toute précipitation, bien au contraire. « Il y a peut-être eu un quiproquo lors de précédentes réunions. Il est vrai que, pour 2009 et 2010, le projet prenant du retard, nous n'avions pas encore déclenché les procédures archéologiques, et avions donc laissé continuer l'exploitation. Désormais, nous sommes obligés de prendre possession des terrains au plus vite pour la première phase de sondages, afin de laisser assez de temps pour réaliser d'éventuelles fouilles avant le terrassement. »
Tous les travaux engagés par les viticulteurs, la taille notamment, seront indemnisés « conformément à ce qui a été décidé avec les exploitants lors d'une réunion à la Chambre d'agriculture ». Et le représentant de RFF de regretter l'absence de M. Montangon à cette réunion.
Ce dernier vient toutefois d'obtenir en quelque sorte satisfaction, puisqu'il indiquait hier avoir rendez-vous le 1er mars avec le cabinet Segat pour évaluer les acquisitions, « avec, enfin, les plans définitifs ». « Il n'y a pas de conflit avec RFF, insiste-t-il. Les élus d'ici ont soutenu la LGV, mais ils sont aussi responsables devant leurs concitoyens. Si ceux-ci ne se sentent pas correctement traités cette fois-ci, au prochain grand équipement d'infrastructure, leurs fourches risquent de se dresser… »
Le Sud Ouest du 180211