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Action anti-LGV ou l'éloge de la lenteur

TGV_711.jpgSamedi 30 avril, 9 h 15 parking d'Ibusty, le cortège des partisans anti-LGV Mouguertars s'ébranle pour « une flânerie » de près de 3 heures sur les traces de la futur Ligne à grande vitesse. À leur tête Victor Pachon, président du Cade et Martine Bouchet, présidente de Cadre de vie Mouguerre ouvrent la marche, lentement mais d'un pas déterminé. « Une action symbolique, stopper cette fuite en avant permanente, prendre son temps, qui dépasse la problématique LGV , souligne Martine Bouchet. Une action en forme de pied de nez à la course effrénée du toujours plus. »

Pas choisi au hasard

Il faut dire que le cadre bucolique et le temps radieux de ce samedi de printemps se prêtaient merveilleusement à la flânerie. Après avoir longé la ligne de chemin de fer en direction de la future bretelle de raccordement reliant Bayonne à la LGV, la centaine de manifestants flâneurs a fait une pause-café à la maison de Mme Tristant, chemin Uhaldebehere. L'endroit n'a pas été choisi au hasard, le terrain étant l'un des points de sondage de la commune. La propriétaire des lieux est inquiète. Pas seulement parce que le viaduc risque de passer devant ses fenêtres avant d'entrer en tunnel à quelques pas de sa maison mais aussi parce qu'elle est sceptique quant à l'implantation d'une gare à Bayonne ou Ustaritz. « Pour 4 minutes de gagner grâce à la LGV, il faudra faire 1 h 30 de voiture pour aller prendre le train », conclut-elle, perplexe. Le convoi, dont quelques représentants de Cadre de vie Nivelle Bidassoa Urrugne sont venus grossir les rangs, prend ensuite la direction du chemin de Cigaro, traverse le bourg sous lequel passera la LGV avant de descendre le chemin Iturrixar. Au bout de la voie est prévue la sortie de tunnel. « Le problème dans cette zone, précise la fille d'une septuagénaire du quartier est que les terrains, situés sur des sources, bougent sans cesse ». L'inquiétude quant au devenir de sa maman âgée est perceptible dans son regard.

La flânerie arrête sa promenade au belvédère Arradia. De ce point de vue panoramique, les marcheurs auront pu se faire une idée du paysage post-LGV. C'était bien là le but poursuivi par les organisateurs de la flânerie. Au-delà du symbole, il s'agissait bien d'une prise de conscience in situ de l'impact du tracé LGV sur le paysage de la commune et de ses répercussions sur la vie de ses habitants.

Le Sud Ouest du 020511
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