Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

Archives

16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 11:40

presidentielle-097.jpgROLAND SICARD

Bonjour Nicolas SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY

Bonjour, merci de m’avoir invité. Ça me fait tout drôle d’être parmi vous, je regarde d’habitude.

ROLAND SICARD

C’est gentil. Alors hier vous étiez donc en meeting à la Concorde, 100 000 personnes selon les organisateurs, comme on dit, est-ce que vous pensez que ça peut relancer votre campagne comme l’avait fait le meeting de Villepinte ?

NICOLAS SARKOZY

Oui enfin relancer, c’est un grand mot, parce que moi je n’ai pas la même perception que certains observateurs de la campagne.

ROLAND SICARD

Je dis ça parce que les sondages de la semaine dernière n’étaient pas bons.

NICOLAS SARKOZY

Oui enfin je ne sais pas ce que cela veut dire, les sondages, ça va, ça vient et on sait la crédibilité qu’ils ont. Ce que je vois moi, c’est qu’il y avait 120 000 personnes place de la Concorde, beaucoup de gens qui ne s’étaient jamais engagés et qui sont venus parce qu’ils ont une inquiétude sur l’avenir de la France, ils voient bien que le choix que les Français vont faire les 22 avril et 6 mai prochains, est historique, autour d’une question, une seule, où voulons-nous aller ? Quel doit être l’avenir de la France ? Est-ce qu’on tire les conséquences de ces quatre années de crise ? Quel chemin choisir, le chemin qui prépare l’avenir avec un immense effort de formation, d’investissement ou est-ce qu’on recycle les recettes du passé ? Et c’était un rassemblement…

ROLAND SICARD

Ca c’est pour François HOLLANDE, les recettes du passé ?

NICOLAS SARKOZY

Enfin François HOLLANDE, qui vous voulez, la question n’est pas là. Il y a finalement deux stratégies. Une stratégie consiste à valoriser le travail, l’effort, le mérite, la formation, l’innovation, l’investissement. Et une autre qui consiste à dire : on va embaucher des fonctionnaires parce qu’on en manque, il n’y a pas de problème de travail, on reprend l’affaire des 35 heures et de la retraite à 60 ans. On remet en cause la réforme des retraites.

ROLAND SICARD

François HOLLANDE, il dit qu’il va stabiliser la fonction publique.

NICOLAS SARKOZY

Si stabiliser, ça consiste d’abord par embaucher 60 000 fonctionnaires de plus, c’est une drôle de conception de la stabilisation. Moi, je le dis très clairement aux Français parce qu’il ne faut pas mentir dans cette affaire, il faut dire la vérité. Nous avons une dette, nous avons un déficit, fort heureusement nous commençons à réduire cette dette et à réduire ce déficit, il y a trop de dépenses, je continuerai le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Parce que qui paie ? C’est les Français avec leurs impôts et avec leurs charges. Si on augmente les impôts et si on augmente les charges, alors le travail se délocalisera et vraiment, on n’en a pas besoin.

ROLAND SICARD

Alors on parlait de sondages, et on a pu lire dans la presse que dans votre entourage il y avait deux stratégies qui se mettaient en place, il y en a qui sont pour une droitisation du discours, et d’autres qui sont pour un discours plus au centre, comment vous allez trancher ?

NICOLAS SARKOZY

Non, ça c’est vraiment quand certains de vos confrères n’ont rien à dire, il faut bien qu’ils disent quelque chose, je ne leur en veux pas, ils ont un journal à faire, donc ils écrivent, peu importe…

ROLAND SICARD

C’est de l’intox ?

NICOLAS SARKOZY

Non, c’est simplement qu’il faut qu’ils écrivent, d’ailleurs eux-mêmes ne tiennent aucun compte le lendemain de ce qu’ils ont dit. Je ne divise pas la France entre les gens de gauche, les gens de droite, les gens du centre, non je parle au peuple de France. Je parle à tous ceux qui sont préoccupés par l’avenir de leurs enfants. Ce n’est pas une question… Nous sommes au XXIème siècle, le débat n’est pas entre la gauche et la droite, le débat, il est le suivant : est-ce que le monde existe, est-ce qu’on en tient compte ? Est-ce qu’il y a eu une crise et est-ce qu’on en tire les conséquences ? Vous savez quand on a expliqué aux Français en 1983 qu’on pouvait faire la retraite à 60 ans, ça s’est traduit par quoi ? La faillite de notre régime de retraite. Si je n’avais pas fait il y a deux ans la réforme des retraites, il n’y avait plus d’argent pour payer les retraites. Grace à la réforme des retraites, on a pu actualiser les pensions des retraités ; et le 1er juillet de cette année, on paiera les retraites au 1er de chaque mois et non pas au 8, ce n’est pas aux retraités à faire la trésorerie de l’Etat. Mais regardez, si vous ne me croyez pas, ce qui se passe chez nos partenaires, d’après vous, vous croyez que c’est par plaisir que les Espagnols, que les Portugais, que les Irlandais, que les Grecs ont baissé les pensions de retraite, on baissé les salaires des fonctionnaires, pourquoi ? Parce que quand on ne fait pas les efforts au moment où il faut les faire, la facture à régler, elle est plus douloureuse au moment où on la règle. Monsieur HOLLANDE dit : on va revenir sur la réforme des retraites de monsieur SARKOZY parce que c’est lui qui l’a faite, mais ce n’est pas une question d’ego pour moi. On vit plus longtemps, un trimestre de plus chaque année, tous les pays du monde en tiennent compte en allongeant la durée de cotisation, est-ce que vous croyez qu’on peut ne pas le faire ? Les gens sont lucides, ils savent bien de quoi il s’agit. Je n’ai pas voulu que les prestations sociales baissent, que les salaires baissent, que les pensions de retraite baissent parce qu’on a fait des efforts.

ROLAND SICARD

Au fond vous défendez votre bilan alors qu’il est très critiqué notamment par l’opposition.

NICOLAS SARKOZY

Qu’il soit critiqué par la gauche, on peut le faire, ce n’est pas la question de défendre mon bilan, je demande aux Français de réfléchir. Quand il y a eu la retraite à 60 ans et qu’on n’avait pas les moyens de les payer, ça s’est traduit par quoi ? Plus de déficits, plus de chômage. Quand ils ont fait les 35 heures, ça s’est traduit par quoi ? Y a-t-il un autre pays dans le monde qui a fait ça ? Des salaires plus bas, plus de chômage, et moins de compétitivité.

ROLAND SICARD

Vous regrettez de ne pas les avoir supprimées ?

NICOLAS SARKOZY

Mais nous les avons supprimées, ne serait-ce que par le fait que nous avons autorisé les heures supplémentaires. Il y a 9 millions de salariés malgré la crise qui profitent des heures supplémentaires et qui ne paient pas d’impôt dessus. Mais je crois qu’il faut aller beaucoup plus loin dans un effort de formation, tous les Français doivent avoir le droit à une formation. Et demain on ne sera plus indemnisé parce qu’on est au chômage, mais parce qu’on suit une formation. Mais une fois qu’on vous a donné une formation qualifiante, alors vous serez obligé d’accepter l’offre d’emploi qui correspond à cette formation qualifiante. J’ai également proposé – parce que je crois que c’est très important – que le 1,2 million de Français qui ont eu un problème, une maladie, un divorce notamment pour les femmes qui restent seules ou un licenciement économique, ils n’y sont pour rien, qu’on puisse leur appliquer le système qui existe pour les entreprises de la faillite civile pour qu’ils puissent repartir, repartir…

ROLAND SICARD

C'est-à-dire qu’on efface l’ardoise ?

NICOLAS SARKOZY

Non, ce n’est pas exactement ça, non, c'est-à-dire qu’on paie ses dettes à du prorata de ce qu’on a comme patrimoine.

ROLAND SICARD

Et qui paie le reste ?

NICOLAS SARKOZY

Nous avons un système qui prévoit une solidarité pour eux, et à partir de ce moment là on ne traine pas ce boulet toute sa vie. Parce que le débiteur de mauvaise foi, il doit payer, c’est sa responsabilité et il n’y a aucune raison que l’on aide. Mais vous savez, il y a des femmes par exemple qui se trouvent seules pour élever leurs enfants, comment elles font ? Et quand vous êtes licencié économique, vous n’y êtes pour rien, il faut bien qu’il y ait une seconde chance. Finalement j’appliquerai aux familles de France, ce que j’ai fait pour un certain nombre d’Etats, pour des entreprises, pour des banques.

ROLAND SICARD

Je reviens à la politique, plusieurs de vos ministres et pas des moindres ont dit que François BAYROU ferait un très bon Premier ministre, est-ce que vous partagez leur avis ?

 

NICOLAS SARKOZY

Non, je ne porte pas de jugement sur François BAYROU ou qui que ce soit d’autres, je considère qu’ils ont tort de faire comme si on avait gagné les élections et de se partager les postes. Regardez le ridicule du déplacement de monsieur VAUZELLE au nom de monsieur HOLLANDE au Mexique, j’espère que ça ne portera pas atteinte aux intérêts de Florence CASSEZ, cette jeune femme qui est injustement emprisonnée. On ne se partage pas les postes, on ne se répartit pas les postes avant que les élections aient eu lieu.

ROLAND SICARD

Une question d’économie, aujourd’hui la banque allemande lance un nouveau produit financier qui va permettre de spéculer sur la dette française. François HOLLANDE a dit qu’il interviendrait avec les autorités allemandes s’il est élu pour interdire ce produit, est-ce que vous, vous allez intervenir ?

NICOLAS SARKOZY

Non, mais ça, ça va impressionner l’intervention de monsieur HOLLANDE. Vous savez qu’elle est la meilleure façon de répondre à ça ? C’est de rembourser ses dettes et de réduire son déficit. Quel est le problème ? Le problème est très simple, quand on a une dette, il faut qu’il y ait des gens qui la financent, donc vous vous adressez à un certain nombre de prêteurs dans le monde entier pour vous dire : « aidez-moi à financer la dette ». A la minute où je vous parle, la France emprunte à moins de 3 %, l’Espagne qui est un grand pays, un pays immense, à la même minute emprunte à un taux qui est le double. Parce que la question n’est pas d’en vouloir à tel ou tel produit, la question c’est de rembourser ses dettes et de diminuer son déficit. C’est ça qui va permettre à la France de garder sa souveraineté et de retrouver la maitrise de son destin.

ROLAND SICARD

Merci Nicolas SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY

Non, c’est moi, merci de m’avoir invité…

ROLAND SICARD

William c’est à vous.

NICOLAS SARKOZY

Et merci pour votre émission.

ROLAND SICARD

William, vous êtes là ?

WILLIAM LEYMERGIE

Oui bien sûr mais j’écoutais, je savoure moi, j’aime bien qu’on dise « je regarde, je suis content de venir » voilà, donc ça me fait plaisir.

NICOLAS SARKOZY

Quel est votre secret monsieur LEYMERGIE ?

WILLIAM LEYMERGIE

C’est de me lever tôt Monsieur le Président…

NICOLAS SARKOZY

Ah bon, on a le même

WILLIAM LEYMERGIE

Et de me coucher tôt aussi.

NICOLAS SARKOZY

Mais vous devez faire un peu de vélo pour être comme ça monsieur LEYMERGIE.

WILLIAM LEYMERGIE

J’essaie, j’essaie. Pour l’instant je débute, mais j’essaie, je suivrai vos conseils.

NICOLAS SARKOZY

Je pourrais donner rendez-vous un jour.

WILLIAM LEYMERGIE

Avec plaisir. Merci, au revoir.

Partager cet article
Repost0

commentaires