Partout dans la forêt raisonnent coups de marteau et ronronnement des débroussailleuses.
Les dernières palombes ne sont pas encore parties que l'on sait déjà le travail à effectuer pour la saison prochaine. Tel arbre à éclaircir, un appeau à placer à tel ou tel endroit, un couloir à allonger.
Quelques travaux sont plus conséquents comme la réalisation d'un nouveau sol ou l'amélioration de la cabane voire la construction d'un poste plus avancé.
Mais tout cela ce n'est que du supplément par rapport à l'entretien courant d'avant-chasse.
Préparation qui diffère légèrement suivant le type d'essence sylvicole dans laquelle se trouve l'installation.
Sur la rive droite le chêne est l'espèce dominante. L'entretien des arbres va donc demander un travail plus conséquent. « Avec les chênes on est obligé de faire deux passages d'éclaircissage. Un premier au printemps quand la végétation est poussée et un second en été quand les branches ne grandissent plus. Ensuite c'est le travail d'entretien classique. Une corde par-ci par-là à remplacer, plus rarement un appeau, quelques pointes à planter », précise Dan, un paloumayre du Sauveterrois.
Un petit coup de LGV
Sur la rive gauche en revanche, où le pin maritime est l'essence dominante, pas besoin d'éclaircir les arbres ou si peu.
« En tout cas pas tous les ans. Par contre le gros du travail consiste à l'entretien de l'installation, à la préparation du sol. Nous refaisons les chemins qui conduisent aux mécaniques et nettoyons sommairement le sous-bois à la débroussailleuse. Il faut aussi couper les brandes pour boucher les trous dans les parois des tunnels, alors que sur la rive d'en face ils ne chassent pratiquement que sur des postes surélevés. Pas de couloirs ou très peu », explique Didier, un chasseur landiranais bien pessimiste quant à l'avenir de la chasse à la palombe dans le massif forestier tout comme son compagnon de cabane Pierre.
« On est passé à travers deux tempêtes sans gros dégâts. D'autres ont eu moins de chance, puis nous avons eu l'invasion de chenilles processionnaires qui ont affaibli les pins. Et cerise sur le gâteau maintenant les scolytes sont en train de finir le travail c'est-à-dire de tout ravager. À ce rythme dans cinq ans on ne chassera plus et malheureusement on ne sera pas les seuls. Un petit coup de LGV pour bien achever la bête et il y aura encore moins de palombières », dit-il en montrant un semis totalement grillé et surtout de nombreux pins adultes sans feuilles et le bois à nu.
Désolant !
Le Sud Ouest du 170811