Il ne paie pas de mine mais il porte une parole essentielle le petit manifeste de René Ricarrère, ancien maire d'Orthez (1989-2001) et fervent défenseur d'une ligne ferroviaire à grande vitesse qui, à l'horizon 2020, n'occulterait ni le Béarn ni la Bigorre et surtout pas la cité fébusienne.
Préfacé par l'écrivain occitan Sergi Javaloyès, cet hymne au chemin de fer relie l'âge d'or du rail à un futur hypothétique. Jusqu'aux années 1940-1945, le train desservait Sauveterre-de-Béarn, Baigt-de-Béarn, Argagnon, Lacq, Artix ou encore Lescar.
Les lignes secondaires qui constituaient l'essence même de ce lien social dont les politiques nous rebattent les oreilles ont disparu depuis longtemps, sacrifiées sur l'autel d'une pseudo rentabilité et de la soi-disant modernité.
Leur mise à mort a précipité la désertification des campagnes. Aujourd'hui, alors que les transversales nationales et internationales éclipsent le maillage régional, quelques consciences s'émeuvent de voir des bassins de population rayés de la carte des grands projets territoriaux.
A Orthez, l'histoire de la voie ferrée remonte à 1861, année de la délibération municipale fondant l'aménagement d'une voie et l'implantation de la gare. Faisant corps avec la ville et le canton, elle connaît une sorte d'apogée en 1991 grâce aux arrêts du TGV obtenus de haute lutte par la municipalité d'alors. Avec la LGV qui semble privilégier Mont-de-Marsan et un barreau relié à l'improbable «gare-betterave» d'Uzein, «au milieu de nulle part», voilà les acquis remis en cause et 200.000 habitants passés par pertes et profits.
Entré en résistance, René Ricarrère réclame un référendum parce que les déplacements de proximité et la grande vitesse ne sont pas antinomiques et s'affirment même à l'avant-garde du développement durable.
«J'habite près de la voie ferrée» de René Ricarrère. Ed. d'Orthez et d'Oc. 155p. 20€.
La République des Pyrénées