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SNCF-RFF: la guéguerre du rail

TGV_683.jpgLes patrons des deux entreprises convoqués par le gouvernement. En cause : des relations à couteaux tirés après leur séparation en 1997.

Les tensions n'en finissent plus de s'accumuler entre la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), le gestionnaire des infrastructures, au point d'irriter les pouvoirs publics qui s'apprêtent à «recadrer» les deux frères ennemis du rail.

Guillaume Pepy, patron de la SNCF, et Hubert du Mesnil, patron de RFF, ont été convoqués par le secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani pour un «recadrage» qui devrait avoir lieu aujourd'hui, selon le quotidien La Tribune d'hieri. Aucune des parties concernées n'a confirmé l'information.

«Il s'agit de faire en sorte que les deux garnements arrêtent de s'étriper dans la cour de récréation. Il y a sûrement mieux à faire que de se chamailler. La SNCF doit notamment améliorer la qualité de ses services, développer le fret et RFF doit moderniser le réseau et développer les lignes à grande vitesse» (LGV) », selon le journal économique qui cite un proche du président Nicolas Sarkozy.

Un recadrage qui intervient quelques jours après le dépôt d'un recours contre RFF par la SNCF devant l'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), gendarme du rail, «sur les conditions d'attribution de sillons» (créneaux de circulation des trains).

Le mois dernier, le patron de SNCF Geodis Pierre Blayau avait affirmé que son entreprise manquait de sillons.

Tout juste conforté par sa nouvelle lettre de mission du chef de l'Etat après trois ans à la tête de la SNCF, Guillaume Pepy affirmait fin mars que le système ferroviaire articulé autour de la SNCF et de RFF se dirigeait «vers une impasse financière».

«Notre système RFF-SNCF n'a pas d'avenir. Ce modèle n'optimise pas la dépense collective. Il conduit chaque acteur à agir de manière égoïste», déclarait-il. Selon lui, un bilan de la réforme de 1997 qui a séparé les activités ferroviaires entre RFF et la SNCF est nécessaire.

D'autant que cette séparation n'est parfois pas très nette puisque des activités du ressort de RFF, comme la Direction de la circulation ferroviaire (DCF), sont gérées par la SNCF. Pour l'entretien et la maintenance du réseau, RFF est légalement obligé de faire appel à SNCF Infra. Les deux protagonistes ne sont toujours pas parvenus à un accord sur le renouvellement de leur «convention de gestion» qui a expiré en 2010.

L'animosité entre les deux groupes découle également beaucoup de problèmes de gros sous: la SNCF proteste contre la hausse des péages qui grignotent de plus en plus la manne du TGV, tandis que RFF se plaint de son manque de ressources pour entretenir les 30.000 km de voies existantes.

Pour Hubert du Mesnil, «le problème fondamental est que le réseau manque de ressources».

La raison principale? A sa naissance, son groupe a hérité de la SNCF une dette de 20,5 milliards d'euros qui lui coûte chaque année environ 1 milliard en frais financiers. Or, selon lui, il lui manque plus d'un milliard d'euros par an pour rénover le réseau, et les subventions publiques ont reculé de 20% en 2010.

Les problèmes de retards à répétition qui ont notamment entraîné récemment la fronde d'usagers et la multiplication des vols de caténaires n'ont fait qu'ajouter au climat délétère. Et l'ouverture à la concurrence sur les lignes internationales et dans le fret a également compliqué les relations.

La Charente Libre du 210411

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