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La métropole, demain

TGV_684.jpgQu'est-ce qui manque à l'agglomération toulousaine pour devenir une métropole européenne? Pistes de réponses recueillies, hier, à la Fabrique urbaine. Toulouse devra jouer groupé avec les villes moyennes de la région. Les expériences de Saragosse ou de Barcelone sont aussi instructives.

Métropole. Le mot est à la mode. Toulouse élabore son projet urbain, Bordeaux ou Montpellier, leurs projets métropolitains, le Grand Lyon, Saragosse, Bologne ou Düsseldorf, et plusieurs autres villes en Europe pensent en terme métropolitain.

Pour jouer dans la cour des Grands d'Europe, l'agglomération toulousaine ne manque pas d'atouts : « Toulouse a une reconnaissance au niveau du patrimoine, du canal du Midi, de l'aéronautique, il lui reste à clarifier son image pour être capitale », prophétise Joan Busquets, l'urbaniste conseil du Grand Toulouse pour l'aménagement du centre ville.

« Toulouse est bien placé dans le couloir entre atlantique et Méditerranée », juge Ramon Garcia-Bragado, adjoint au maire de Barcelone. L'élu catalan en charge de l'urbanisme et des infrastructures estime « la connexion avec la Ligne à grande vitesse majeure et indispensable ».

Son collègue espagnol chargé de la culture et des grands projets à Saragosse, Jeronimo Blasco, présent lui aussi, hier après-midi à la Médiathèque pour la conclusion des débats de la Fabrique urbaine, évoque aussi l'arrivée du TGV dans sa ville, reliée à Madrid et à Barcelone : « Nous avons fait le choix d'une gare nouvelle à l'extérieur, alors que vous faites le choix d'une gare centrale. En revanche, nous décidons de recentrer l'université dans un quartier très dégradé du centre historique, afin de le requalifier. Les choix peuvent varier, ce qui compte c'est que le projet de ville soit bon ».

Entre Saragosse et ses 700 000 habitants, au territoire immense, qui table sur l'espace et des règles d'urbanisme assez souples, et Barcelone, véritable capitale avec son million et demi d'habitants intra muros et une région métropolitaine de 4,5 à 6 millions d'habitants, sur un territoire dix fois plus réduit que celui de Saragosse, voilà deux exemples venus du sud. Pas forcément des modèles. Avec un écueil à éviter à la lumière de leur expérience, la lutte politique entre région et métropole autour de l'urbanisme.

« Une métropole doit s'appuyer sur son environnement, et vice versa », estime Martin Malvy, président de Midi-Pyrénées, qui constate : « Un tiers de la région vit dans l'agglomération toulousaine, où se trouve la moitié des emplois » et parle de « coopération nécessaire et de complémentarité ».

Un message renvoyé par Philippe Bonnecarrère, maire d'Albi, Christian Teyssèdre, maire de Rodez ou Jean-Raymond Lépinay, maire de Saint-Gaudens et reçu, hier à Toulouse, cinq sur cinq, par Pierre Cohen, président du Grand Toulouse, qui évoque la « coordination entre métropole et villes moyennes, autour de niches et de filières ». La version moderne de « l'union fait la force », mais désormais sans plus passer par la case du centralisme parisien. Une vraie révolution.


LGV et Parc Expos

En terme d'équipement, l'actuel Parc des Expos n'est pas à la hauteur des ambitions internationales de l'agglo, qui se classe juste dans le Top 20 français pour l'accueil de congrès. D'où la priorité donnée par le Grand Toulouse à l'aménagement du nouveau Parc des Expos vers Aéroconstellation et le futur musée Aéroscopia. La venue de la Ligne à grande vitesse, reliant Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille et Barcelone, est aussi mise en avant. En terme d'image, l'urbaniste Joan Busquets aimerait que Toulouse soit toujours associé au canal du Midi.

 

La Dépêche du Midi du 210411

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