Au quatorzième jour de grève, Philippe n'en a plus rien à faire. « La grève risque de continuer ? Franchement, je m'en fous ». Comme un équilibriste sur son fil, l'ingénieur marche sur le bord du quai n° 6, bondé. Le Corail Téoz pour Marseille va entrer en gare.
Sait-il qu'à 50 m de là, derrière les voies, 90 conducteurs en grève sont en train de voter, pour ou contre la poursuite du mouvement ? « On devrait les rencontrer, propose Antoine, étudiant longiligne, qui se joint à la conversation. Oui, pourquoi ne viennent-ils pas nous expliquer les raisons de leur mouvement, peut-être seraient-ils davantage compris ? »
Quelques commentaires :
"C'est pas vrai ? Vous risquez, je cite "d'aller travailler dans des entreprises privées pour des salaires minables" ? En clair devenir comme 80% de la population ? Et ben se sera pas trop tôt ! Mais c'est sûr à votre place je me ferais du soucis parce que c'est pas facile de se mettre au boulot quand on a pas l'habitude ! Mais bon, c'est la vie, et pour nous les VRAIS usagers, ceux qui se retrouvent en carafe tous les 4 matins si ça arrive se sera LE BONHEUR !!!!"
"Je crois que tes aînés, ils bossaient dur, ce qui n'est plus le cas actuellement... Le jour ou un cheminot aura une pelle, pour mettre du charbon dans la chaudière de la loco, oui, on en reparlera, mais là, pour conduire un train, je vais être méchant, mais cela ne doit pas être loin de correspondre au jouet de mon enfance... Les cheminots n'en sont plus, les routiers, chauffeurs de bus, en font largement beaucoup plus qu'eux..."