Un cliché sélectionné lors d'un concours photo organisé par la Fnac de Nice crée des remous. La photo montre un homme s'essuyant le postérieur avec l'étendard tricolore.
"Cette histoire est bien pire que La Marseillaise sifflée dans les stades !" Charles-Ange Ginésy, député-maire de Peone-Valberg, dans les Alpes-Maritimes est ulcéré. L'histoire qui le fait sortir de ses gonds est celle d'une photo montrant un jeune homme, pantalon sur les chevilles, en train de s'essuyer le postérieur avec l'étendard français. Ce cliché a obtenu le coup de cœur du jury dans la catégorie Politiquement Incorrect lors d'un concours photo organisé début mars par la Fnac de Nice. Et le cliché de déclencher le courroux sur la promenade des Anglais. "De manière incontestable, le drapeau tricolore est utilisé comme papier toilette !, tonne encore Charles-Ange Ginésy. Et que cette photo soit primée par une grande entreprise nationale... On déraille totalement !"
Face à cette ire locale relayée par le Net, la Fnac a retiré le cliché controversé de la liste des lauréats de son prix. Pas de quoi calmer le courroux général. Le président du Conseil général des Alpes-Maritimes, le député Eric Ciotti, a ainsi récemment écrit à Michèle Alliot-Marie "afin qu'elle envisage d'engager une action à l'encontre des auteurs de ces agissements". En début de semaine, le ministère de la Justice n'avait pas encore reçu la missive.
"C'est de bon ton de cracher sur le drapeau français"
L'auteur de la photographie polémique, un Niçois de 25 ans féru de photographie, regrette la controverse. Elle le gêne. Lui, s'était inscrit au concours "simplement pour passer une belle journée" et tenter de gagner un nouvel appareil. Contacté par TF1 News, il déplore "une histoire de fou pour pas grand-chose". Il n'en dira pas davantage. Cette "histoire de fou" serait sans doute passée inaperçue sans un article dans un quotidien local. Publié le 19 mars, au lendemain de l'annonce des grands gagnants du concours -ils sont trois, un par thème-, le papier est illustré non pas par le cliché vainqueur de la catégorie Politiquement incorrect -une femme enceinte jusqu'aux dents en train de se griller une cigarette- mais par la photo au drapeau.
"Je plains ceux qui se prétendent intellectuels, constate amère Lionnel Luca, vice-président du Conseil général. Ça, ce n'est pas du politiquement incorrect, c'est de la provocation gratuite, c'est une injure. Le politiquement incorrect aurait été de faire cette photo avec le drapeau algérien". Il ironise : "C'est de bon ton aujourd'hui de cracher sur le drapeau français." En estimant être, lui, politiquement incorrect en réagissant.
| Le drapeau tricolore et la loi |
| La Loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003, instaure à son article 45 bis, un délit d'outrage à La Marseillaise et au drapeau français puni de 7 500 euros d'amende et de dix mois d'emprisonnement. A condition que cela soit commis lors d'un événement réglementé par les autorités publiques. |