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RFF fait entendre sa voix

TGV_1226.jpgLe concessionnaire veut contrer les arguments de l'étude d'Alternative LGV .

Réseau Ferré de France (RFF) avait besoin de communiquer hier. Et c'est depuis Bordeaux que Christian Maudet, chef de mission du Grand Projet Ferroviaire du Sud Ouest (GPSO) et son adjoint Frédéric Perrière ont voulu faire le point avec la presse. Un point visant notamment à contrer l'étude au cabinet Claraco commandée par l'association Alternative LGV, plébiscitant l'aménagement des voies existantes plutôt qu'une ligne nouvelle. « Nous sommes actuellement préoccupés par le fait que le grand public et certains élus ne font pas la différence entre un argumentaire militant ne s'appuyant que sur des informations prises auprès de diverses sources sans démonstrations techniques et des arguments et données que nous étudions depuis dix ans maintenant », lâchait en préambule Christian Maudet.

Des shunts « irréalisables »

RFF a donc voulu remettre les pendules à l'heure - ou du moins à son heure, diront les partisans de l'Alternative LGV - . Et le concessionnaire de contrer un à un les affirmations de Claraco. À commencer par la faisabilité même d'un aménagement des lignes existantes. « L'étude (et j'hésite à prononcer ce mot) alternative évoque un contournement des agglomérations notamment à Port-Sainte-Marie et Castelsarrasin en avançant la possibilité de deux shunts. Tout d'abord, si on devait rétablir les courbes pour garder une grande vitesse, ce n'est pas deux, mais neufs shunts, qu'il faudrait réaliser. Sans compter que ces contournements engendreraient des nuisances pas seulement environnementales mais humaines car nous sommes ici en milieu urbain. Enfin, ces réalisations auraient pour conséquence des nuisances lourdes sur la circulation actuelle des trains et ce, sur des durées très longues dépassant les trois à quatre ans de travaux prévus pour une ligne nouvelle », a fait remarquer le chef de mission.

RFF n'a pas d'évaluation chiffrée sur ces shunts « étant donné que c'est irréalisable ». En revanche, il conteste les chiffres de Claraco sur le coût de suppression des passages à niveaux. « L'étude estime à 600 000 euros la suppression d'un passage à niveau quand il faut compter 5 millions d'euros ! »

« Gains de temps »

Deuxième point avancé par RFF : « La pertinence d'une ligne nouvelle ». À ceux qui reprocheraient un coût de 5,7 milliards d'euros pour la ligne Bordeaux-Toulouse « et non 7,8 milliards d'euros comme l'annonce Alternative LGV », Christian Maudet répond : « La pertinence socio-économique d'un projet ne se mesure pas seulement à son coût d'investissement mais aussi à ce qu'il peut rapporter. L'idée ici est bel et bien de gagner 58 minutes sur les 2 h 05 séparant Bordeaux et Toulouse et donc d'offrir une offre compétitive par rapport au transport aérien. Ce sont bel et bien les gains de temps qui sont valorisés. »

Et d'évoquer également les « 10 000 à 15 000 emplois générés par an par la construction de la ligne nouvelle sur trois ou quatre ans », ainsi que le développement économique et l'apport de population générés par une ligne à grande vitesse. Pour autant, Claraco fait remarquer que le différentiel entre les deux options (ligne nouvelle et ligne existante) n'est que de 13 minutes… « Les temps de référence indiqués dans le document ne tiennent pas compte des conditions normales de circulation. C'est comme si l'on demandait pourquoi le TGV ne roule qu'à 230 km/h sur la LGV Est européenne alors qu'il peut en théorie atteindre les 574,8 km/h ! » On l'aura compris, RFF contre-attaque et entend faire entendre sa voix ou sa (nouvelle) voie, « dans une période électorale propice aux argumentaires très militants. »

Le Sud Ouest

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