Dans la série des réactions provoquées par le pavé de la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet dans la mare déjà agitée du débat sur la « pertinence » des projets de ligne à grande vitesse, la dernière saillie en date est à mettre au crédit du duo Girardi-Faucon-Lambert. Les coprésidents de l'association d'élus ALTernatives LGV disent bien sûr oui à ce « moratoire. La priorité absolue est la modernisation des lignes ferroviaires existantes. C'est exactement nos arguments ! »
Vendredi, à Fargues-sur-Ourbise (18 heures), ALTernatives LGV présente aux élus cette étude à 60 000 € (*) qui va dans le sens de ce que les opposants disent depuis près de deux ans : la Bordeaux-Toulouse en LGV est trop chère, entre 7 et 8 milliards, 130 millions d'€ pour le seul conseil général (avec le tronçon Tours-Bordeaux). Raymond Girardi se souvient de 2002. « On avait voté près de 4 millions d'€ pour ce Tours-Bordeaux, on vient de voter 34 millions ! Et on entend RFF dire qu'on connaîtra le coût global à la fin des travaux. C'est inquiétant
[…] On demande au conseil général de voter contre. Le faux rêve est en train de s'effondrer. » La solution préconisée par les anti-LGV atteint les 2,7 milliards avec la rectification des tronçons Port Sainte-Marie et Moissac, 1,5 milliard sans. ALTernatives LGV maintient aussi qu'aménager les lignes existantes ne ferait perdre que six minutes par rapport à la LGV, et dix-sept sans la rectification de ces mêmes tronçons. « Dire qu'on ne peut aller à plus de 140 km/h de moyenne est un mensonge grotesque » affirme R. Girardi, en réponse à RFF « même si l'on sait qu'effectivement on ne peut pas atteindre les 240 km/h de moyenne d'une ligne à grande vitesse[…] Je pensais d'ailleurs que les voies existantes feraient mieux en matière de vitesse. Preuve qu'on n'avait pas tout à fait raison… ». ALTernatives LGV avait « une intuition, des arguments approximatifs confirmés avec précision par les techniciens. »ALTternatives LGV attend dans les prochaines semaines un volet complémentaire de l'étude, concernant la fréquentation commerciale de la ligne (12 arrêts annoncés à Agen). « Les voyageurs d'Auch et de Cahors iront à la gare nouvelle de Grisolles près de Montauban, pas à Agen. » L'étude doit être commercialisée elle aussi. Une centaine d'exemplaires à acheter dans les prochaines semaines. Il faut plus des trois heures annoncées entre Paris et Toulouse) à l'horizon 2 020 (ou 2 025) pour en prendre connaissance.
(*)À lire dans le détail dans une prochaine édition.
La Dépêche du Midi