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LGV: des étudiants formés au «chantier du siècle»

TGV_1113.jpgClément, Romain, Quentin suivent la formation en alternance aux métiers du BTP de la Cifop, ouverte à la rentrée, pour répondre aux besoins en main-d'oeuvre du chantier de la ligne à grande vitesse.

Sept cents mètres de long, 32 piles de pont. L'ouvrage est considérable. Les pros du BTP parlent d'une estacade, «c'est comme un viaduc mais moins haut». Il enjambera la Boëme, petit affluent de la Charente, du côté de Roullet. «Trois ans de travaux sont prévus» croit savoir Clément Bodinaud, qui a intégré la formation «responsable de chantier BTP par apprentissage» ouverte à la Cifop à la rentrée.

Le jeune Angoumoisin de 18 ans, titulaire d'un bac S, «attiré par les métiers du BTP», alterne cours à l'école et formation pratique chez Cosea, le constructeur. «Je voulais faire de l'alternance. Pour moi, c'est le meilleur apprentissage» lâche celui qui de longue date s'est «intéressé aux ouvrages d'art».

À l'école, il apprend «la résistance des matériaux, les maths, l'anglais.» En entreprise, il a fait des «travaux de métré». «On calcule les volumes pour le béton, le matériel. On fait les relevés d'eau par rapport à la nappe phréatique.» Basé au siège à Poitiers, il prendra ses quartiers à Roullet au lancement du chantier.

La LGV pour rebondir

Son camarade Romain Meersschaert travaille, lui, sur les sections 12 et 13 de la LGV, une bande de 45 km, de Roullet en direction du sud. «Je travaille sur les ouvrages d'arts, les ponts rails, les ponts routes, tous les franchissements» raconte avec enthousiasme le jeune homme de 21 ans, originaire de Champniers, qui souhaite rebondir après une formation de plombier et quelques mois de galère. «J'ai entendu parler de cette formation et de la LGV, c'est le chantier du siècle.»

En attendant le démarrage «au printemps 2012», il découvre la «topographie».

Bac électro-technique en poche, Quentin de Braquilanges, 19 ans, domicilié à Puymoyen, a choisi de se réorienter. «Je ne me voyais pas faire de l'électricité toute ma vie.» C'est en se rendant aux portes ouvertes de la Cifop qu'il a «par hasard» eu vent de la formation BTP. Le voilà investi dans le chantier LGV. «Dans le terrassement.»

L'avenir, tous y pensent fortement. «J'aimerais entrer au Cesi (Ecole d'ingénieurs en alternance) d'Angoulême» confie Clément Bodinaud qui se verrait bien continuer chez Cosea «pour la LGV au sud de Bordeaux». «S'ils nous proposent un CDI et une bonne paye, pourquoi pas! C'est un grand groupe» sourit Romain Meersschaert, amoureux de ballon rond, joueur à Champniers, qui se prend à rêver de travailler «pour la rénovation des stades» du championnat d'Europe 2016 en France. Il n'exclut pas non plus une poursuite d'études «au Cesi». «Tant que je peux poursuivre, je le fais.» «Le Cesi, ça peut m'intéresser» pense Quentin de Braquilanges. Marc Loebl, directeur de l'école d'ingénieur d'Angoulême, est ravi: «Cette formation, c'est une rampe de lancement avec le Cesi.»

La Charente Libre

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