L’avocat toulousain François Axisa critique vertement le gouvernement sur la gestion de « l’après-Cahuzac », estimant les avocats pris pour cible.
Le projet de moralisation de la vie publique est la réponse du gouvernement au scandale provoqué par l’affaire Cahuzac. L’avocat toulousain François Axisa, membre du bureau de la conférence des Bâtonniers (dont la présidence est assurée par Jean-Luc Forget) juge ce projet intolérable. Interview.
Que reprochez-vous à ce projet de loi ?
Au nom de quel principe démocratique certaines professions seraient-elles mises au ban de la République ? Le gouvernement pense possible d’interdire à certains professionnels d’exercer des fonctions d’élus du peuple. Il est insupportable d’imaginer que l’exercice professionnel des avocats soit, de fait, assimilé sans nuance à une situation de conflit d’intérêts. Les avocats représentent une des rares professions dans lesquelles des règles déontologiques anciennes prohibent et répriment cette situation au plan disciplinaire et ce sous le contrôle conjoint du Bâtonnier et du Procureur Général.
N’est-il pas nécessaire d’établir des incompatibilités dans certaines situations ?
Une telle incompatibilité signifie clairement que les avocats seraient écartés des fonctions parlementaires. Quel professionnel libéral peut se permettre d’interrompre totalement sa carrière pendant cinq ans ? N’est-ce pas augmenter le risque de « professionnaliser » les élus alors que la moralisation de la vie publique me semble postuler une position inverse ! Cela est inacceptable.
Que proposez-vous ?
La République ne peut choisir ses élus, ce sont les citoyens qui choississent les élus. La nécessité de moraliser la vie publique devrait susciter concertation, réflexion et dispositions précises. Mais voici que le gouvernement pense possible d’interdire à certains professionnels d’exercer des fonctions d’élus du peuple…
La Voix du Midi