François Fillon a chargé Réseau ferré de France (RFF) de conclure avant fin juin le contrat de concession de la Ligne à grande Vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, a indiqué vendredi 20 mai Matignon, qui dénonce le manque d'engagement de la Région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal.
Le Premier ministre a demandé vendredi 20 mai à RFF, "pour ne pas retarder l'engagement des travaux et la mise en service prévue en 2017, de lancer l'opération (de la LGV Tours-Bordeaux) sur la base des financements disponibles à ce jour et de conclure avant la fin du mois de juin le contrat de concession" avec Vinci, est-il précisé dans un communiqué.
La veille, le quotidien Les Echos avait rapporté que l'Etat avait bouclé le financement de la LGV Tours-Bordeaux en acceptant de payer la part de certaines collectivités locales.
Dans son communiqué, le chef du gouvernement se félicite du "soutien des Régions Aquitaine, Midi-Pyrénées, Centre et Limousin, et de près de 30 autres collectivités" mais ne cache pas son mécontentement envers Poitou-Charentes. "Bien que s'étant engagée à financer le projet en 2009", celle-ci "n'apporte pas aujourd'hui les subventions prévues", déplore François Fillon.
Expliquant vouloir "veiller à l'équité entre les collectivités territoriales", il prévient que l'Etat tirera "toutes les conséquences en procédant à un examen scrupuleux de l'ensemble des actions et projets d'action bénéficiant de son soutien financier dans cette région".
Les Echos précisaient également que la décision de se substituer aux "collectivités récalcitrantes" avait été prise lundi 16 mai lors d'une réunion à l'Elysée, ajoutant que les financements manquants atteignaient "100 à 200 millions d'euros".
D'après le quotidien, le gouvernement entend récupérer cet argent, par exemple en réduisant ses subventions lors de la négociation de nouveaux contrats de plan avec les régions.
Dans une lettre adressée à Ségolène Royal (PS), datée du 20 mai, François Fillon précise que la contribution de la part de Poitou-Charentes aurait dû s'élever à 103 millions d'euros.
Le Premier ministre avance que les territoires bénéficieront "d'importantes retombées économiques", quand le communiqué de Matignon évoque la création de "près de 10 000 emplois pendant cinq ans", principalement en Poitou-Charentes.
La position de cette Région "n'est pas acceptable", assène François Fillon, qui prévient que le préfet veillera "à ce que les financements de l'Etat contribuent, dans ce nouveau contexte, à l'équité entre les collectivités territoriales".
Ségolène Royal avait réagi à l'information des Echos, estimant que c'était "une très bonne nouvelle que la région n'ait pas à payer". "On va faire 90 millions d'économies", avait-elle dit.
Le Moniteur