Des exploitants agricoles concernés par l'emprise de la future ligne TGV Tours-Bordeaux s'unissent pour faire valoir leurs droits sur la valeur des terres. C'est parce qu'ils déplorent « un manque de communication et de transparence » autour des emprises foncières du tracé de la future ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, que des producteurs et exploitants agricoles du Sud-Touraine viennent de créer l'Association de défense des expropriés de la LGV 37 (ADE-LGV 37).
Le projet d'emprise de la future ligne TGV, désormais prévue pour 2017, varie entre 650 et 1.000 hectares en Indre-et-Loire, compte tenu des aménagements paysagers souhaités par des communes.
Gérard Esnault, exploitant en polyculture et éleveur laitier à Sainte-Maure, est le président de cette association. « Le motif essentiel de cette association, c'est de préserver les intérêts des agriculteurs qui seront expropriés, d'autant plus sur les zones d'élevage parce que cela va multiplier le temps de parcours pour les personnels et pour le transport d'animaux. Les céréaliers sont dans la même tourmente, avec un rallongement des parcours qui leur sera également préjudiciable. »
Bien que née par la volonté d'adhérents de la Coordination rurale, l'ADE-LGV 37 se veut « la plus fédératrice possible, insiste Baptiste Faveraux, juriste au sein de la Coordination rurale. Toutes les personnes intéressées ont donc vocation à y adhérer s'ils ont envie d'arriver à un meilleur accord possible sur la valeur vénale des terres agricoles. »
Pour Gérard Esnault, « l'impact de l'aménagement foncier est énorme, on donne encore un an de travail aux géomètres-experts. Quand nous allons prendre connaissance de leur verdict, nous aurons sans doute de mauvaises surprises. Pour recaler tout cela au niveau parcellaire, ça va être très complexe. »
Des réunions publiques d'informations sont prévues en juin avec la présence d'experts fonciers et d'avocats. Elles auront lieu à Chambray-lès-Tours, au siège de l'association.
Contact : ADE-LGV 37, 6, rue Jean-Perrin, Chambray-lès-Tours.
repères
« Les terres agricoles ont peu de valeur aujourd'hui, mais certaines ont pris 30 % en cinq ou six ans, compte tenu de la pression foncière. On s'attend à ce que ça continue. Si l'hectare vaut 5.000 € aujourd'hui, il risque de passer à 7 ou 8.000 € dans quelques années », dit le juriste de l'association. « Le but est que les exploitants puissent se réinstaller ailleurs, sans préjudice. C'est la première fois que RFF, Réseau ferré de France, ne suit pas le dossier. Ce flou participe à l'agacement des exploitants. Le tracé a pris plus d'un an de retard. »
La Nouvelle République