Le conseil régional, le conseil général... tous devront se prononcer cette semaine sur le financement de la LGV SEA. Gare aux fausses notes. Une fois de plus, elle a jeté le trouble. Semé le doute. Et parfois récolté l'incompréhension. Ségolène Royal, la présidente du conseil régional Poitou-Charentes, avait d'abord annoncé qu'elle céderait « au chantage » de François Fillon, le Premier ministre, acceptant ainsi de financer la LGV SEA (Bordeaux-Poitiers-Paris), pour éviter à Poitiers de perdre un précieux raccordement. Puis, volte-face, tout récemment. La Région financera, oui, mais à condition que cette enveloppe ne soit qu'une avance... remboursable par l'État.
Les '' couacs '' de Poitiers-Limoges
Cette déclaration a fait bondir plusieurs cadors du PS départemental. Alain Claeys, le député maire de Poitiers, fervent partisan - et financeur - de la LGV, craint que les positions très politiques de la présidente viennent perturber un projet déjà sacrément avancé. « Poitiers a impérativement besoin de cette ligne Bordeaux-Paris pour son développement et son avenir, dit-il. Comme du projet Poitiers-Limoges. »
Poitiers-Limoges, justement. Tiens, tiens, Ségolène Royal, sur ce dossier-là, prend moins de raccourcis. Elle y est opposée. Tout simplement. Comme la plupart de ses proches, élus Verts et socialistes. Le maire de Poitiers, lui, y est favorable. Avec toujours la même optique : définitivement désenclaver Poitiers et l'ouvrir, surtout, vers l'Est. La position de la présidente de Région a également irrité son homologue du Limousin, socialiste, lui aussi.
Au conseil général de la Vienne, la partition semble être plus limpide. Les élus du sud du département dont le territoire serait traversé par la ligne Poitiers-Limoges sont contre. Les autres, de gauche comme de droite, semblent y être acquis. La LGV SEA pose moins de problème. Seule Ségolène Royal...
Les deux assemblées auront à se prononcer cette semaine sur le financement de la LGV SEA. Pas forcément dans un concert de louanges...