Les trois candidats soutenus par le NPA mettent l'humain et le canton de Bayonne nord au cœur de leur programme. Bayonne 100 % à gauche ne trompe pas sur la marchandise. La liste soutenue par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot sera à l'extrême gauche de l'échiquier politique. Vendredi 4 février, les candidats ont annoncé qu'il ne serait pas question d'alliance avec le Parti socialiste, qui « soutient le projet de transit de nitrate d'ammonium par le port de Bayonne ». Pas plus qu'il n'y avait de possible jonction avec le Parti communiste ou le Front de gauche. « Jean-Luc Mélenchon a fait entrer les entreprises dans les écoles avec le Lycée des métiers. Ce ne sont pas nos valeurs », a argué Christine Labrousse, enseignante.
Remettre de l'humain dans les rouages plutôt que des subventions dans les entreprises privées, serait une manière, sommaire, de résumer le programme de Bayonne 100 % à gauche. Parmi le programme : « Une autre répartition des richesses. L'accès de tous à la santé, à la justice, au logement. Le maintien et le développement des services publics. Une augmentation des salaires, pensions et minima sociaux de 300 euros nets. » Les thèmes sont connus, mais plus que les racines nationales, les ramifications locales ont leur spéficités.
TGV pendulaire
Intégration des ikastolas et des calendretas dans l'Éducation nationale, opposition au mandat d'arrêt européen, et au projet LGV. Voilà pour les grands principes locaux. « Coûteuse et inutile », a été qualifiée la LGV. « Le TGV est de plus en plus cher. Qui a désormais les moyens de se payer un billet TGV ? Nous sommes pour l'amélioration des lignes existantes - le Train express régional et le TGV pendulaire ». (1)
La Poste d'Anglet, elle, a été évoquée comme symptôme d'un service public en souffrance. Et le transport scolaire, « délégué par le Conseil général aux entreprises privées » comme une occasion manquée de créer une régie.
Le canton de Bayonne Nord a fait l'objet de propositions ciblées, « car il cumule toutes les pollutions, le canton de tous les dangers », a avancé sa candidate, Évelyne Baratchart-Damestoy, avant d'énumérer, entre autres : « pollution des usines comme l'Aciérie de l'Atlantique (ADA), arrivée du laminoir Beltrame avec ses 30 000 tonnes de CO2 par an, l'usine de traitement des ordures Tri Mécano Biologique (TMB) et son procédé par méthanisation.»
Bayonne 100 % à gauche propose un autre modèle : « de petites unités de compostage, après un tri sélectif. » Pour les emplois aussi, il s'agit d'un tout autre schéma : éloigner les industries polluantes et les faire payer. Développer les industries non polluantes. Et une mine d'emplois, constituée par les services aux personnes âgées, handicapées.
« On trouve bien des millions d'euros pour des projets pharaoniques (LGV, autoroute). » L'autoroute, pas la voie d'accès de Bayonne 100 % à gauche.
(1) Circulant à une vitesse plus importante que celle d'un train classique (250 km/h), sans l'aménagement de voies ferrées spécifiques aux TGV.
Le Sud Ouest du 150211