Nathalie Kosciusko-Morizet a reçu le député-maire d'Agen, hier. Au centre de l'entrevue : LGV et barrage.
Périple parisien ponctué de rencontres pour le député-maire d'Agen, hier. En effet, si Jean Dionis du Séjour est un habitué de la capitale, dans laquelle il se rend une fois par semaine, hier, il a modifié son itinéraire habituel pour se rendre le matin à la maison d'arrêt de Fresnes (lire ci-dessous) avant de rejoindre ,l'après-midi, le bureau de la ministre de l'Écologie et du Développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet. Une rencontre « ministérielle » non de simple courtoisie, mais bel et bien pour faire entendre la voix, sinon des Agenais dans leur large appellation, du moins celle du représentant de la ville et de l'agglomération d'Agen. Et ce, sur trois dossiers : la gare LGV, le tracé de la Ligne à Grande Vitesse et le fameux barrage de Beauregard.
1 Décision imminente sur la gare LGV
« Elle l'a dit ! La décision sur le positionnement de la gare LGV est imminente et suspendue à sa signature », s'enthousiasmait, hier soir, Jean Dionis du Séjour depuis l'avion qui le ramenait en province. « Une décision pour la gare… en rive gauche bien entendu. » Rappelons que le président de la Communauté d'agglomération d'Agen et les élus de l'agglomération ont opté pour une gare qui ne serait pas l'actuelle sise en centre-ville d'Agen, mais un site à la limite entre Roquefort et Brax, à quelques mètres de la future zone économique de 200 hectares, qui pourrait voir le jour du côté de Sainte-Colombe-en-Bruilhois.
« Autre bonne nouvelle : la ministre a affirmé qu'il y avait consensus sur la pertinence d'un échangeur autoroutier près de cette zone. Elle nous a même remis un courrier afin que des études technico-économiques soient demandées à Vinci et aux Autoroutes du sud de la France », soulignait le maire d'Agen.
2 « Choix difficile sur le tracé LGV »
« Il s'agissait pour moi de plaider la cause de la Communauté d'agglomération d'Agen qui a voté pour le tracé passant par un tunnel sous Moirax et ressortant à Layrac. Un tracé plus onéreux que celui privilégié par Réseau ferré de France (RFF), avecdouble franchissement de la Garonne à Boé et aux conséquences environnementales désastreuses. La ministre a compris qu'elle aurait un choix difficile à faire entre budget et environnement. Elle va donc demander des études complémentaires à RFF mais également aux services de l'État et ce, afin d'obtenir un avis pour le comité de pilotage des grands projets Sud Ouest d'octobre prochain et une décision pour la fin de l'année 2011. »
3 Seuil de Beauregard : ce n'est pas gagné
Rappelons que la CAA avait proposé à l'État de racheter le barrage de Beauregard afin de le réhabiliter. « Là, on est clair : l'administration de Nathalie Kosciusko-Morizet n'est pas favorable. La ministre ne s'en est pas caché tout en expliquant que les seuils qui ne servaient ni à réalimenter les fleuves ni à la réalimentation des agglomérations en eau potable étaient supprimés. Et là, mon attaché parlementaire et moi l'avons étonnée : car nous lui avons démontré qu'il était bel et bien question de la réalimentation en eau potable de l'agglomération agenaise », lâchait le député agenais. Sans pour autant remettre en cause le travail et les conclusions de ses services, la ministre a entendu la controverse régnant sur ce dossier. « Elle s'est engagée à organiser une réunion sur ce point très rapidement avec son administration. »
On l'aura compris, l'entrevue avec la ministre de l'écologie et du développement durable ne s'est pas conclue sur des décisions fracassantes mais sur des études… encore des études.
Le Sud Ouest du 210711