Les habitants de Preuilly directement concernés par la ligne à grande vitesse étaient hier aux Ecluzelles pour une réunion publique animée et constructive.
Le pot de terre contre le chemin de fer. La poignée d'habitants du hameau de Preuilly s'est pris par la main pour défendre ses intérêts face à la mise en place de la ligne à grande vitesse. Le combat sans arrêt du « Collectif contre les nuisances du TGV » est promis à la voie de garage : la LGV est sur les rails, le premier coup de pioche est annoncé pour février prochain. La ligne traversera quatre kilomètres de territoire de la commune. Mais l'édification d'un viaduc surplombant la RD 910 (ex-N10) à la Folie sur Migné-Auxances va également perturber la vie de l'ensemble des Chasseneuillais tout au long en 2012.
Hier soir dans la salle des Ecluzelles, des représentants de Lisea (concessionnaire) et Cosea (groupement de constructeurs) ont détaillé le projet et son impact dans une réunion publique suivie par un auditoire captivé. « Si on sait ce qui se passe, tout devient tout de suite plus facile », affirma Matthieu Lafaurie chargé des relations extérieures de Lisea promettant des informations en temps réel au fil du chantier de cinq ans (magazine distribué dans les boîtes à lettre, site internet...).
Le débat s'ouvrit. La maréchaussée veillait à la porte. Précaution inutile de la part des porteurs du projet. Certes animée, la séance de questions-réponses ne dérailla jamais. Extraits.
> Minage. « De ma maison j'entends déjà des tirs de mines. Je suis inquiète. Comment cela va se passer ? » « Toutes les dispositions de sécurité sont prises. Et nous allons réduire au maximum l'utilisation d'explosifs. »
> Expertises. « Nos maisons seront-elles expertisées avant le début des travaux et quand ? » « C'est le tribunal qui nommera un expert. Un référé préventif va être pris en ce sens dans les prochains mois. »
> Déblais. « Comment et où les déblais seront-ils stockés ? » « Nous stockerons sur des zones agricoles au plus près possible des zones d'extraction. Au bout de quelques années ces terres pourront être de nouveaux cultivées. » Intervention dans le public : « c'est faux, la ligne TGV est Paris-Metz est terminée depuis 6 ans, elle bordée de montagnes de pierres. »
> Horaires. « Quels vont être les amplitudes horaires et les jours de travail des personnels du chantier ? » « De 6 à 22 heures du lundi au vendredi. » Un membre du CCNTGV : « Sachez que nous sommes totalement contre, il va falloir revoir ça. »
> Puisage. « L'été le chantier va générer de la poussière, où allez-vous trouver l'eau nécessaire en période de sécheresse. » « C'est une bonne question, nous ne pouvons y répondre de suite. Il faudra de toute façon que l'on puise de l'eau sans doute dans l'Auxances et La Pallud. »
La Nouvelle République