François Fillon a répondu hier à Henri Emmanuelli sur le financement de la LGV.
Le Premier ministre savait-il que le sujet serait abordé hier en session budgétaire du Conseil général ? Toujours est-il que sa réponse sur la question de la LGV est arrivée ce lundi à l'Hôtel du Département, obligeant Henri Emmanuelli à actualiser en milieu d'après-midi ses propos tenus juste après le déjeuner sur l'engagement du Conseil général dans le financement de la ligne à grande vitesse GPSO (grands projets du Sud-Ouest).
Dans le budget prévisionnel 2012, le Département a bien inscrit une provision de 4 millions d'euros, étant entendu qu'à ce jour, il n'a pas encore voté le protocole de financement. « J'ai saisi l'État à plusieurs reprises, mais il n'a toujours pas répondu à mes interrogations », indiquait Henri Emmanuelli dans son propos liminaire. Il attend notamment un engagement de l'État pour participer à des opérations landaises, à l'image des négociations qui ont été menées avec d'autres collectivités, ainsi qu'une participation du Département réduite des provisions pour risques aujourd'hui connus.
Convention en gestation
Le courrier reçu hier de François Fillon le rassure sur l'engagement de l'État, même s'il ne répond pas directement à ses questions. « L'État reste pleinement engagé au côté des collectivités pour la réalisation intégrale de ce projet essentiel pour le développement et l'attractivité du quart Sud-Ouest de la France », écrit le Premier ministre. Il rappelle que la décision ministérielle arrêtant le tracé sera prise « dans les prochains jours en prenant en compte les demandes légitimes des collectivités sur certaines sections sensibles du tracé. »
Et François Fillon prévient que « s'agissant du financement, l'État confirme ses engagements » et demande à Valérie Pécresse, François Baroin et Thierry Mariani de « mettre en place une mission de financement confiée au Conseil général de l'environnement et du développement durable et à l'inspection générale des finances. […] Cette mission devra préparer les termes d'une convention permettant d'assurer le financement du projet ».
« Cela va dire qu'ils vont étudier le problème, résume Henri Emmanuelli. J'en prends acte même si on ne répond pas aux questions que je pose. Vu la période, je ne suis pas étonné, il ne serait d'ailleurs pas convenable qu'un Premier ministre prenne ce type de décision à un mois des élections. Ce qui me fait dire que l'on n'est pas prêt de débourser les fonds ! »
Le député et président du Conseil général des Landes en profite pour rappeler qu'il est archi-favorable à la LGV : « Je suis persuadé que c'est un investissement essentiel pour notre département, il n'est pas pensable qu'il n'y ait pas de LGV dans le Grand Sud-Ouest. Maintenant, je me pose des questions sur son financement car il faut faire respecter l'intérêt des Landais. Ce qui est inimaginable, c'est que les Espagnols vont arriver à Irùn, et pas nous ».
Henri Emmanuelli s'est également exprimé sur la desserte Béarn-Bigorre, répondant à la question d'Élisabeth Servières : « Compte tenu du coût, ce n'est pas pour demain la veille, et l'on se dirige sans doute vers l'aménagement de la ligne existante. Je ne veux jurer de rien, mais en tout cas, le barreau de la Chalosse, je n'y crois pas. Officiellement, RFF étudie les trois scénarios. »
Le Sud Ouest