Les choses sérieuses vont commencer pour les agriculteurs concernés par les emprises foncières de la LGV. 80 le sont directement, 300 indirectement. Avec les classements des terres placées sur l'emprise de la ligne et les expropriations qui en découlent, ce n'est pas le côté le plus sympathique de la construction de la LGV.
En Indre-et-Loire, 80 exploitants sont directement concernés et devront abandonner tout ou partie de leurs terres. « Mais 300 seront également concernés indirectement », souligne Dominique Malagu, agriculteur à Pussigny et responsable du dossier LGV à l'UDSEA d'Indre-et-Loire (Union départementale des syndicats des exploitations agricoles). Qui plus est, une petite partie de ses terres se trouve sur le passage de la ligne.
'' Il faut aller aux enquêtes et se faire connaître ''
Si les choses avancent, difficile actuellement de définir un planning. La phase d'aménagement foncier n'en est qu'à ses débuts, elle devrait se terminer seulement en 2015. « On sait que les travaux vont commencer en 2012 et que les pertes partielles commenceront à cette période. Mais on n'a pas non plus de certitudes sur la date de début des travaux, d'où des interrogations pour savoir ce qu'on peut semer sur les terres qui seront prises », se demande Dominique. Selon lui, pour le blé, cela devrait être possible, « mais pour le reste, il n'y aura pas d'ensemencement ».
Concernant les indemnités versées (il y en a une pour les propriétaires et une pour les exploitants), c'est un savant calcul qui est établi, avec beaucoup d'éléments entrant en jeu.
Une autre phase importante va commencer : celle des enquêtes publiques. « C'est une période très importante, car c'est la première procédure de l'expropriation. On saura vraiment quelles parcelles seront sous l'emprise de la LGV. Il faut y aller, se faire connaître », dit Dominique Malagu.
C'est là que les agriculteurs vont pouvoir faire connaître leurs doléances. « Chacun pourra s'exprimer sur tous les préjudices qu'il va subir. Par exemple, dans certains cas, ça va simplement causer des problèmes de circulation. »
Mais les indemnités ne couvriront jamais la peine de certains exploitants de devoir quitter une terre, voire une habitation.
le chiffre
302
C'est, en kilomètres, la longueur de la ligne à grande vitesse qui reliera Tours à Bordeaux. La construction de quarante kilomètres de ligne nouvelle est également prévue.
Ces voies permettront le raccordement des gares de Tours, Châtellerault, Poitiers, Angoulême et Bordeaux.
en bref
Toujours plus vite
La ligne à grande vitesse devrait être mise en service en 2017, après six ans de travaux. Elle permettra d'accomplir le trajet Bordeaux - Paris en 2 h 05 min, soit un gain de temps d'environ une heure sur le trajet. C'est la première construction clé en main d'une ligne à grande vitesse dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP). Réseau ferré de France (RFF) a signé avec Vinci, dans le cadre du groupement Lisea, un contrat de concessions d'une durée de cinquante ans portant sur le financement, la conception, la construction, l'exploitation et la maintenance de la LGV.
Sorigny :
des écologistes déçus
Dans un communiqué, le collectif d'associations de défense du cadre de vie et de la nature (Monts, Sorigny, Villeperdue, Sepant) « Sud-Indre Collectif LGV » souligne que « le collectif a demandé lors de l'enquête publique sur le périmètre de l'aménagement foncier que les terres détenues par le conseil général aux abords de l'échangeur de Sorigny soient apportées en réserves. Nous avons aussi demandé que les terres agricoles (Les Petites Mottes) concernées par un projet de centre routier soient requalifiées et apportées en réserve foncière. Nous considérons qu'il y a assez de place disponible dans le périmètre des 250 hectares de la DUP d'Isoparc pour y loger un centre routier sans aller prendre des terres agricoles en sus. » Ils demandent une modification ou révision du PLU de Sorigny qui requalifierait cette parcelle en terres agricoles.