L'association « Ouvrons l'œil » n'est pas satisfaite des réponses du président de la CAA.
Composée d'une quarantaine de membres, l'association layracaise « Ouvrons l'œil » est opposée au tracé sud de la LGV. Elle défend l'option d'un tracé passant au nord de la Garonne. Les deux tracés représentent les deux hypothèses envisagées jusqu'à ce jour par Réseau ferré de France (RFF). C'est à travers ces documents officiels et publics qu'elle a bâti son argumentation.
« Le tracé sud passerait à 300-400 mètres du Royal, la place de Layrac qui domine l'embouchure du Gers et la vallée de la Garonne, à proximité de l'église du XIIe siècle classée monument historique. Cette option aurait pour conséquence de détruire de nombreuses habitations et une entreprise de plus de 80 salariés qui passerait sous les rails. Nous ne pouvons accepter cette hypothèse qui amoindrirait le village qui, déserté par ses habitants, finirait par ne plus exister. Si nous militons pour le tracé nord c'est parce que les conséquences sont moindres. Nous inscrivons notre action dans la logique de la sauvegarde d'un village », explique le président de l'association Thierry Pilliaudin.
Un secret
Un président qui a été particulièrement surpris d'apprendre que la Communauté d'agglomération d'Agen travaillait à l'élaboration d'une autre hypothèse.
C'est ce que les membres de l'association ont en effet appris officieusement à travers une déclaration publique sur sa commune de Jean Barrull, maire du Passage-d'Agen et vice-président de la CAA. Il serait question du creusement d'un tunnel et d'une tranchée de plusieurs kilomètres. Le problème c'est que cette éventualité est tenue secrète, à tous les niveaux.
C'est la raison pour laquelle, Thierry Pilliaudin a demandé une entrevue avec le président de la CAA, Jean Dionis du Séjour. Cet entretien s'est déroulé hier en fin de journée. Si Jean Dionis n'a pas contredit qu'une étude était en cours, en l'absence à ce jour de données très concrètes, il a répondu à ses interlocuteurs qu'il ne pouvait rien en dire.
Cette réponse n'a pas convenu aux représentants d'« Ouvrons l'œil » qui regrettent cette absence de transparence. « Deux poids, deux mesures », commentaient-ils à la sortie de la réunion en disant leur incompréhension d'un secret n'allant pas dans le sens de la démocratie.
Le Sud Ouest du 280111