Les grandes manoeuvres sont engagées sur le chantier de la LGV. Les premières entreprises charentaises sont à pied d'oeuvre. Mais la plupart des candidats attendent leur part du gâteau.
Je dois être le seul local sur la plateforme.» Tous les soirs, Thierry Aza verrouille les portières de la cabine de son monstrueux tracteur chenillé et s'en va dormir à la maison, à Saint-Genis-d'Hiersac. C'est là qu'est installé le siège de sa société, CATP, qui vient de décrocher un gros marché avec Cosea, le constructeur de la ligne à grande vitesse (LGV). CATP, c'est un chef d'entreprise et un salarié. Des contrats à l'année avec Sogea et des marchés avec des particuliers. Là, Thierry Aza est passé de la minipelle au monstre de 610 chevaux.
Le chantier de la LGV est une manne. À condition d'y mettre le prix et les formes. «J'apportais un concept nouveau qui a séduit, explique Thierry Aza. Si j'étais arrivé avec une pelle ou un tombereau, je n'intéressais pas.» Il a investi 165 000 euros dans son tracteur d'occasion, a trouvé un scrapeur à tracter en Espagne pour 20 000 euros, qu'il a reconditionné.
La LGV, poursuit Thierry Aza, «c'est une bouffée d'oxygène pour l'entreprise». «On est sur le plus gros lot: 30 kilomètres à décaper entre Linars et Deviat.» Un an et demi de boulot assuré. «Mais c'est surtout une vitrine pour après.» Il lorgne déjà sur les autres gros chantiers qui se profilent: le ferroviaire entre Poitiers et Limoges, l'autoroutier.
Pour les sous-traitants, l'opération est rentable. En prestation, Cosea paye jusqu'à 1 000 euros par jour pour un tombereau, 1 500 pour une pelle de 60 tonnes. Un peu plus pour un scrapeur autonome. Thierry Aza explique: «On remplace trois engins et trois chauffeurs.» Et le gazole est fourni. Pas rien quand les engins de chantier en avalent de 600 à 700 litres par jour.
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32 millions de contrats signés
La Charente Libre