Les grandes crues du siècle dernier ont causé de nombreux dégâts et sont encore dans les mémoires. Alors qu'il n'existait aucun obstacle ni aucun remblai, ces crues ont été d'une incroyable violence. Depuis, l'autoroute a vu le jour et constitue un obstacle important à l'écoulement des eaux vers le confluent et comme si cela n'était pas suffisant, les autorités envisagent de créer un deuxième obstacle avec le tracé H226 de la ligne à grande vitesse (LGV). Avec une crue semblable à celle de 1977 et l'association de ces deux importants remblais, la commune de Layrac serait submergée par les eaux. Une catastrophe que le rapport GPSO, édité en avril 2011, minimise en ne consacrant que quatre lignes traitant d'une modélisation hydraulique (qui n'a toujours pas été faite) sur un rapport d'une totalité de 87 pages. Un sujet balayé d'un revers de mains par les responsables de ce projet.
« Gravé dans ma mémoire »
La famille Solsonne, propriétaire depuis les années 1900 à Bigarrat, proche du Gers, a connu les grandes crues de 1930, 1952 et 1977. Pour Josette Solsonne, épouse Ben Aïm, « l'été 1977 restera à jamais gravé dans ma mémoire ». Elle se souvient parfaitement, malgré son jeune âge à l'époque, de chaque détail : « Comme beaucoup, je n'oublierai jamais les inondations du 8 juillet 1977, qui par la seule crue du Gers, ont causé des dégâts sans précédent ».
Et en effet, les archives de l'époque confirment « qu'il n'aura fallu qu'une heure seulement pour que le Gers gonfle ses eaux sur une hauteur de 3 mètres, s'étalant sur plus de 500 mètres, avec des courants d'une extrême violence obligeant les riverains à trouver refuge sur les toits des habitations ». Il est facile d'imaginer le triste spectacle, les maisons envahies par la boue, les cultures saccagées, la chaussée littéralement emportée, le pont ébranlé par les flots déchaînés. Mais outre ces nombreux dégâts, cette crue a été la cause de la tragique disparition d'une sexagénaire, due à l'effondrement de sa maison. Une situation d'horreur que Josette et les Layracais ne veulent plus revivre. Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu'elle a appris qu'un tracé nommé H226 concernant le futur projet de la LGV reliant Bordeaux à Toulouse était à l'étude. Connaissant bien son sujet, Josette a donc écrit aux responsables de RFF : « Je voulais comprendre pour quelle raison aucune étude sur les conséquences d'éventuelles crues n'avait toujours pas été réalisée ».
Étude spécifique à l'automne
La réponse qui lui a été faite l'informait qu'une étude spécifique allait être prochainement réalisée et que les résultats devraient être connus au cours de l'automne 2011. Le projet n'ayant toujours pas abouti, à ce jour, c'est son mari, Roger Ben Aïm, ingénieur en mécanique des fluides et en hydraulique et enseignant à la retraite, qui s'investit dans ce combat aux côtés de son épouse. Des courriers ont été adressés à Nathalie Kosciusco-Morizet, ministre de L'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement et Marc Burg, préfet de Lot-et-Garonne, afin de les alerter sur les conséquences environnementales et humaines qu'engendrerait le tracé H226 en cas d'inondations.
Toujours sans réponse
Le couple Ben Aïm est extrêmement déçu de ne pouvoir obtenir de réponses de la part des élus alertés par cette situation et en arrive par ironiser : « Nous compatissons au sort qui serait réservé aux batraciens et échassiers avec le tracé nord, mais la population layracaise dans tout ça ? ».
Afin de rappeler à la population l'enfer vécu lors des inondations, Roger venu participer au dernier en Conseil municipal en tant qu'habitant de la commune, a proposé que la mairie organise une exposition (photos, témoignages, articles de presse, documents divers). Pierre Pujol, maire, est favorable à cette initiative.
Plus d'informations sur http://info-layrac.blogspot.fr
Le Sud Ouest