Par Pascale Binet
Jean-Jacques et Josiane Barennes ont monté leur commerce Primeur en Bruilhois, au pied du bourg, en bordure de la RN 21, en 2002, pour écouler leurs cultures et obtenir un revenu supplémentaire… pour vivre. La retraite agricole de Jean-Jacques à quelque 500 euros mensuels ne suffit pas. Et puis, c'est aussi sur ce lieu dit Le Baron que la maison de l'arrière-grand-père Barennes a été implantée et dans laquelle se sont succédé cinq générations. Et c'est également ici que la famille Barennes a ses 4 000 m2 de serres, ses ateliers, ses hangars, la maison du fils qui a repris l'exploitation soit encore 4 000 m2 de bâti et de parc. Ce patrimoine immobilier et cette histoire familiale, le tracé H226 vont les balayer d'un revers de bulldozer. Inutile de dire que la nouvelle ne les réjouit pas. « À une heure où on nous parle de plan de redressement au niveau national, c'est la solution la plus coûteuse qui est choisie. Tout ceci est une histoire politique ! », lâche Josiane.
Ils sont d'autant plus à l'aise vis à vis de la LGV, les Barennes, que le tracé choisi initialement, le H222, passait déjà sur leurs terres. « Mais il s'agissait de terres agricoles situées bien plus loin du bourg et qui nous permettaient de conserver notre maison, nos serres, notre commerce. »
Il ne leur reste plus qu'à attendre. Attendre que les négociations sur le financement du surcoût du tracé sud soient engagées avec l'espoir… qu'elles échouent.
Le Sud Ouest
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