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Layrac va perdre la vue

TGV_1160.jpgLe choix du tracé sud passant sous un tunnel à Moirax et débouchant à Layrac fait bondir élus et habitants.

Hier matin, Pierre Pujol a réuni ses adjoints et conseillers municipaux délégués. Une réunion de crise. Car lundi soir, à l'issue du comité de pilotage du Grand Projet Sud-Ouest sur la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, Layrac a tremblé ou plutôt vacillé. En effet, le tracé initialement choisi par Réseau ferré de France (RFF) pour traverser l'Agenais, le fameux H222, a été abandonné au profit d'un tracé sud, au sud de Garonne, le H226 passant sous un tunnel à Moirax et impactant de plein fouet le village.

Pierre Pujol, entouré de Patrick Torcello, premier adjoint ; Maryse Réal, sixième adjointe, et deux conseillers municipaux délégués, Jérôme Benoît et José Barada, ont pris des décisions hier. La première est d'annuler la cérémonie des vœux prévue vendredi et ce « parce que je suis en colère, que je ne veux pas que cette cérémonie soit gâchée et surtout parce que nous n'avons pas encore suffisamment d'informations sur ce qu'il va se passer à communiquer », souligne le maire. Deuxième décision ou plutôt certitude : « On va réunir le Conseil municipal le 23 janvier, voire avant, et nous prendrons les décisions pour faire entendre nos voix, pour un retour à la raison. Les élus et l'association Ouvrons l'œil mettront tout en œuvre afin que le tracé H222, soit le tracé initial passant par Boé et enjambant la Garonne, soit entériné. »

12 maisons menacées

Et les élus de détailler ce qui attend Layrac. Une « défiguration du bourg et la fin de la tranquillité de ses habitants ». Depuis la place du Royal sur laquelle trône l'église Saint-Martin du XIIe siècle, classée monument historique, le regard s'étend jusqu'à apercevoir la Vierge blanche de Bon-Encontre. « Nous aurons, si le H226 est entériné, la vue sur un pont sur lequel passera la LGV, avec un remblai de 15 mètres de haut et ce, à 453 mètres de la place, soit dans le périmètre de protection (imposé à 500 mètres) de l'église classée. L'Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, qui sera inauguré demain, et la maison de retraite privée auront droit aussi aux nuisances sonores et visuelles. Par ailleurs, 12 maisons et deux entreprises vont être littéralement balayées du paysage », ajoutent les élus, remontés. Et de préciser : « Nous ne sommes pas contre la LGV, nous avons toujours soutenu cette dynamique et ce depuis 1993. Nous avions même demandé à avoir la gare LGV et la base de travail de RFF. Deux projets qui nous sont passés sur le nez. Sans parler du projet de la maison d'arrêt qui nous a été refusé… »

C'en est trop pour les élus layracais qui se sentent exclus d'une communauté d'agglomération qui a œuvré contre leur choix et au détriment du bien-être de leurs administrés. « Et tout ça pour un coût supplémentaire de près de 120 millions d'euros par rapport au tracé H222 ! Tracé, d'ailleurs, qui passait aussi par Layrac, mais avait un moindre impact humain et environnemental. Quatre habitations étaient concernées et la vue du bourg n'était pas massacrée. »

Du coup, du côté de la mairie de Layrac, on commence à se projeter dans un avenir un peu moins conciliant avec la Communauté d'agglomération d'Agen, d'autant que celle-ci a des projets sur cette commune. Et puis, s'il le faut, Pierre Pujol, vice-président de l'Agglo et son Conseil iront plus haut… Des contacts ont déjà été pris auprès du ministère des Transports.

Le Sud Ouest

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