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Les conseillers généraux hésitent à continuer de financer la LGV Tours-Bordeaux

TGV_1096.jpgÀ l'heure où le Parlement de Navarre débattait du meilleur scénario possible pour une desserte Béarn-Bigorre, les conseillers généraux apprenaient que Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Écologie et des Transports, venait de demander en conclusion des assises nationales du ferroviaire une évaluation indépendante de « la pertinence économique » du prolongement de la LGV au sud de Bordeaux jusqu'en Espagne. Alors que le projet, pas assez rentable pour être envisagé sous la forme d'un partenariat public-privé, doit être financé à 100 % par l'argent public, l'annonce d'un gel éventuel de la ligne au delà de Bordeaux a mis trouble dans les esprits.

À l'issue des assises nationales du ferroviaire, le 16 décembre, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre des Transports, a confirmé les projets en cours de réalisation ( TGV Bretagne, TGV Est et LGV Tours-Bordeaux), mais veut évaluer « la pertinence économique » des projets à venir. Autant dire que le prolongement de la LGV au Sud de Bordeaux est en suspend. L'investissement du prolongement de la LGV au sud de Bordeaux jusqu'en Espagne est estimé à plus de 10 milliards d'euros. C'est un poids lourd dans le système ferroviaire français qui ne voit pas la fin du tunnel, déficitaire ( 1,5 milliard d'euros par an ) subventionné ( 13 milliards d'euros par an ) et endetté à hauteur de 30 milliards d'euros. « Je n'ai pas eu d'informations confirmant la position de la ministre. Si la LGV est remise en cause, entre Bordeaux, Bayonne et Toulouse, c'est grave », a répondu Georges Labazée, président du Conseil général.

Le Parlement de Navarre assomé par la nouvelle...
Le Conseil général des Pyrénées-atlantiques avait déjà montrer ses craintes, lors de la session du 25 novembre 2011, en provisionnant 30 % du montant de sa participation de 80 millions d'euros (valeur 2009) jusqu'au démarrage des travaux de la branche Bordeaux-Espagne. Mais cette fois-ci, à la veille du vote du budget, ( session du 2 et 3 février), le débat sur les scénarios de la desserte Béarn-Bigorre a été plombé par la nouvelle de Paris.

Lors du débat sur les transports, le 16 décembre, les conseillers généraux des Pyrénées-atlantiques se sont montrés inquiets. Le chef de fil de l'opposition, Jean-Jacques Lasserre a brandi le premier la menace d'un accord déséquilibré. « On demande un financement à 100 % public ? Il y a trop d'embûches, trop d'incertitudes... Quelques soit le scénario choisi, revoyons les engagements financiers ! »

« Je continue de faire des chèques ou j'arrête ? » à demandé Philippe Garcia, vice-président chargé des finances, qui a déjà emprunté 50 millions d'euros pour le financement de la LGV Tours-Bordeaux. La corne d'abondance qui devait « irriguer l'Aquitaine », selon les mots de Bernard Uthurry, vice-président de la Région en charge des transports, est bien mal embouchée...

... Mais continue les débats sur la desserte Béarn-Bigorre
Quatre scénarios ont été de nouveau présentés aux conseillers généraux des Pyrénées-atlantiques, mais seulement deux d'entre eux ont retenu l'attention du débat. Le premier reliant directement Mont-de-Marsan à Pau, fait gagner 50 minutes sur le trajet Pau-Bordeaux, plaçant la capitale béarnaise à moins d'une heure de la capitale régionale. L'autre, contournant Dax avec un arrêt à Orthez, dans le Béarn des gaves, fait gagner aussi bien à Orthez qu'à Pau 35 minutes par rapport au trajet sur la ligne actuelle. Orthez ne serait plus qu'à 45 minutes de Bordeaux tandis que Pau serait à un peu plus d'une heure de Bordeaux.

Le Béarn des gaves - Sauveterre-de-Béarn, Navarrenx, Salies et Orthez - plaide pour une halte à Orthez. « Le développement du bassin Pau-Bigorre n'est pas à 15 minutes près » ironise l'élu de Navarrenx, Jacques Pedehontaa qui soulève la question de la solidarité du territoire. Autre argument avancé, cette fois-ci par Jacques Cassiau-Haurie : la rentabilité de la ligne. « Sans passer par Orthez, les trains se rempliront moins et ce beau projet pourrait devenir un fiasco. »

Du côté des élus palois, on relativise cette guerre de clochers. Pour eux, le seul scénario possible pour une ligne dite à « Grande vitesse » est une ligne avec le moins d'arrêts possibles. André Duchâteau met en garde contre la division : « Vus de Bordeaux et de Paris, nos débats sont dérisoires. On ne sera crédible qu'en étant unis. » Au Conseil général, sans conviction, ni défaitisme, on continue à croire à une liaison ferrée avec l'Espagne... mais pas à n'importe quelles condtions.

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