Selon la ville, des solutions sont en vue pour reloger les riverains de la voie ferrée menacés d'expropriation.
Sept mois et demi après le coup de tonnerre de l'annonce de plusieurs expropriations de maisons dans le cadre du projet de ligne à grande vitesse au sud de Bordeaux (« Sud Ouest » du 18 mai), des solutions semblent en vue. C'est en tout cas le point de vue de la municipalité de Villenave, même si les choses sont encore loin d'être arrêtées.
Petit rappel du problème : le projet dévoilé en mars dernier prévoit la création d'une quatrième voie ferrée, à l'ouest de l'emprise actuelle. S'il est finalement adopté à l'issue de l'enquête d'utilité publique prévue en 2013, cet élargissement se traduira par la destruction de plusieurs maisons : sept rue Paul-Ramadier (où les établissements Le Bihan sont aussi un enjeu) et une rue du Bois-Lalande.
Le projet a aussi rendu inconstructible une bande de terrain du Domaine du parc, avenue de Lattre-de-Tassigny, et obligé la ville à annuler plusieurs permis de construire attribués « par erreur » dans les mois précédents. Un autre avait déjà donné lieu à construction d'une maison, elle aussi menacée de destruction.
Pour les titulaires de ces permis, explique le premier adjoint au maire Michel Poignonnec, la ville envisage de construire un lotissement communal, de l'autre côté de l'autoroute, sur une parcelle municipale de 8 000 mètres carrés. Sans passer par un promoteur, fait rare à Villenave. « Clairsienne, l'opérateur du Domaine du Parc, leur a fait des propositions, mais à Libourne ou à Saint-Seurin », ajoute l'élu.
« Le bassin ne se fera pas »
En ce qui concerne la rue Ramadier, plusieurs réunions ont eu lieu avec les riverains, la société de distribution de boisson Le Bihan et aussi la CUB. Cette partie du dossier s'est combinée avec un autre projet sans aucun rapport avec la LGV : la réalisation prévue, sur un terrain appartenant à Le Bihan, d'un bassin d'étalement des crues d'orage.
Le maire Patrick Pujol réclame depuis longtemps des solutions pour en finir avec les inondations des quartiers bas de la commune, chemin de Couhins et de l'avenue Fernand-Coin notamment. « Finalement, ce bassin ne se fera pas. La CUB a modifié son plan hydraulique (1). Dans un premier temps, on a proposé aux habitants de la rue Ramadier, s'ils sont expropriés, de reconstruire sur ce terrain, desservi par une nouvelle voie inscrite au PLU. Mais, après réflexion, la majorité préfère chercher ailleurs », dit encore l'adjoint.
De fait, explique Jean Gonthier, l'un des propriétaires : « Les gens qui habitent ici sont pour la plupart un peu âgés et préfèrent acheter du construit plutôt que de lancer une nouvelle construction. »
La proximité de la voie ferrée, avec un trafic de trains doublé, a aussi accentué les réticences, même s'ils y sont habitués.
Quant à la société Le Bihan, elle pourra finalement étendre ses installations à la place du bassin, et ne devrait donc pas déménager, selon la ville.
Les expropriés potentiels aimeraient bien accélérer les choses. Ils souhaitent que la CUB ou la ville trouve un moyen de financer l'expropriation à l'avance, « pour qu'on puisse saisir les opportunités immobilières ». Ce qui paraît assez compliqué : la déclaration d'utilité publique n'interviendra pas avant un an et demi au mieux et, sans DUP, les collectivités ont peu de moyens d'agir.
Bref, les discussions vont bon train. Quoi qu'il en soit des décisions des habitants de la rue Ramadier, la possibilité de lotir le terrain Le Bihan est toujours possible, laisse entendre Michel Poignonnec.
(1) Des bassins sont prévus rue Pierre-Curie, dans le parc de la résidence de la Monnaie et près de la résidence Nouhaux.
Le Sud Ouest