Au dernier Conseil de Communauté, le 14 février dernier, jour de la Saint-Valentin, Toulouse Métropole a voulu faire un beau cadeau à sa dulcinée, la compagnie « La Machine » qui doit venir s’implanter à Montaudran (projet « Le conservatoire des mécaniques »).
Cette compagnie a son atelier le plus important basé à Nantes, fief de Jean-Marc AYRAULT. Elle est spécialisée dans les spectacles de rue et créé de gigantesques machines qui représentent tantôt un éléphant, tantôt une araignée, et bientôt un « Minotaure », lequel était l’objet d’une délibération.
Cette œuvre coûtera une somme importante : 2,8 millions d’euros (hors taxes). Sur ce montant, 2,5 millions d’euros seront apportés par la Collectivité, soit près de 90% du budget total.
A la rigueur, cette subvention, que l’on adhère ou pas au projet (les goûts et les couleurs…), peut être fondée, parce que la Culture a un prix.
Mais, d’habitude, lorsque la Collectivité paye une telle somme, c’est pour financer un équipement dont elle est propriétaire : Chapelle des Lazaristes, bâtiment JOB, Métronum (SMAC à Borderouge), Médiathèque d’Empalot…
Or, ici, la convention qui lie La Machine et Toulouse Métropole est très étonnante.
En effet, bien que finançant près de 90% du projet, il est prévu, à l’article 9 de la convention, que « l’œuvre mécanique « LE MINOTAURE » (au sens de l’équipement) est la propriété exclusive du Producteur Délégué », ce dernier étant non pas la collectivité Toulouse Métropole, mais La Machine !
En d’autres termes, la Collectivité publique finance quasi-intégralement la construction d’un bien dont une personne privée sera le propriétaire exclusif, alors que ce dernier n’aura apporté que 138.000€ au financement, soit moins de 5% du montant total !
Cela pourrait être compensé par un retour financier important. Il n’en est rien ! A chaque représentation, seulement 15.000€ seront reversés à la Communauté Urbaine, soit 0,6% de son investissement initial.
Et, surtout, les droits sur les produits dérivés seront perçus à 90% par… La Machine, quand seulement 10% reviendront à la Collectivité !
Après que nous avons expliqué cela et annoncé notre intention de voter contre cette délibération, tout ce que le Vice-Président chargé des finances de Toulouse Métropole a trouvé à répondre, c’est que le Parc des Expos serait géré d’une façon analogue. Cette comparaison est fumeuse : le Parc des Expos est la propriété exclusive de la Collectivité et certainement pas de la société qui l’exploite. A vouloir défendre l’indéfendable, on raconte n’importe quoi…
Car oui, c’est indéfendable. Cette somme de 2,5 millions d’euros s’ajoute aux frais de fonctionnement du « Conservatoire des mécaniques » et au coût de la construction du bâtiment qui en sera le siège à Montaudran.
Le versement de sommes astronomiques à un proche des pouvoirs socialistes nantais et toulousain porte un nom : celui du copinage le plus éhonté.
Jean-Luc MOUDENC
Député de la Haute-Garonne
Maire de Toulouse de 2004 à 2008