Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

La LGV trouve 100 millions à l'Élysée

TGV_750.jpgL'État avancera la participation financière du Conseil régional de Poitou-Charentes. Le dossier semble enfin débloqué. Signature du contrat en juin.

Mieux vaut tard que jamais, seront tentés de dire les partisans de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Jean-Louis Borloo avait donné un coup d'accélérateur décisif au dossier de financement en débloquant la situation avec Toulouse et ses grandes collectivités, qui paieront cher pour que Bordeaux et Paris soient mis à 2 heures de train. Puis Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani, secrétaire d'État chargé des Transports, avaient sonné le rappel des cofinanceurs publics, pas moins de 57 collectivités locales d'Aquitaine, de Poitou-Charentes, du Centre, du Limousin et de Midi-Pyrénées.

L'arbitrage de Sarkozy

Mais ce énième appel à contribution n'avait pas rencontré le succès espéré. Les préfets avaient, une nouvelle fois, été mobilisés… en vain. Matignon, où le dossier était géré par le directeur de cabinet de François Fillon, avait tenté une dernière médiation en direction de Ségolène Royal car la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes refuse d'apporter, en subvention, les 100 millions d'euros demandés. Le Premier ministre, qui avait déjà menacé, par courrier, Ségolène Royal de ne pas raccorder les agglomérations de sa région, avait - car le problème était apparemment sans solution - décidé de suspendre la décision de lancer cette ligne.

ce que coûte la LGV

L'investissement pour la construction de la LGV est aujourd'hui estimé à 7,6 milliards d'euros courants. L'État et les collectivités locales apportent, à parité, la moitié de cette somme tandis que Réseau ferré de France, qui est un établissement public, et Vinci se partagent le reste du financement. Vinci et ses partenaires financiers investissent 800 millions de fonds propres et empruntent près de 3 milliards d'euros pour construire, maintenir et exploiter pendant cinquante ans les 304 kilomètres de ligne nouvelle entre Bordeaux et Tours. Ils se rémunéreront avec les péages payés par les trains.

Juppé à la manœuvre

« Ce n'était pas acceptable, c'est pourquoi j'ai demandé l'arbitrage du président de la République », explique à « Sud Ouest », depuis son bureau du Quai d'Orsay, Alain Juppé, le maire de Bordeaux, actif sur ce dossier depuis son retour au gouvernement.

Une réunion au plus haut niveau a donc été organisée à l'Élysée, lundi en fin d'après-midi. Elle était présidée par Nicolas Sarkozy lui-même en présence du maire de Bordeaux et des principaux ministres. « Instruction a été donnée d'activer le lancement des travaux, donc de signer le traité de concession », confirme le maire de Bordeaux.

Le scénario, tel que l'a révélé le quotidien « Les Échos », dans son édition d'hier, serait donc le suivant : l'État acte sa volonté de faire. Il demande une dernière fois à la région Poitou-Charentes d'honorer sa contribution. En cas de refus, plus que probable, de Ségolène Royal, il la prendrait en charge. Et retrouvera « cette avance » à l'occasion d'autres négociations avec la Région Poitou-Charentes. « Le président de la République a demandé au Premier ministre de trouver la solution », précise le maire de Bordeaux.

Il y a deux façons de lire cette issue politique à ce trop long feuilleton politico-financier alors qu'il s'agit de lancer le plus grand chantier ferroviaire européen du moment. Soit l'on considère que Ségolène Royal a gagné car elle ne financera pas directement cette ligne. Soit l'on considère qu'elle a perdu car elle a exposé sa région à des mesures de rétorsion financière ultérieures. Hier à Poitiers, on ne souhaitait pas réagir, faute d'avoir été saisi, par écrit, de cet arbitrage. On s'interrogeait toutefois dans l'entourage de Ségolène Royal sur sa légalité.

Quoi qu'il en soit, ce dossier apparaît bien débloqué aujourd'hui.

Malvy satisfait

Selon nos informations, le conseil d'administration de Réseau ferré de France autorisera, le 9 juin, son président à signer le contrat de concession avec le Lisea, le groupement d'entreprises et de banques (Axa, Caisse des dépôts) piloté par Vinci. Le traité de concession devrait être signé au mois de juin. C'est l'instruction élyséenne.

Le premier à réagir officiellement a été Martin Malvy, le président du Conseil régional de Midi-Pyrénées. Il se félicite dans un communiqué de la décision du gouvernement. Ce qui signifie que la façon de contourner les réticences de Poitou-Charentes lui convient. Mais il rappelle que sa collectivité ne s'engagera complètement que le jour où les travaux sur la ligne Bordeaux-Toulouse seront engagés. Le Conseil général des Landes, le dernier gros contributeur sollicité (38 millions d'euros), devrait lui aussi délibérer d'ici à la fin du mois de juin. Henri Emmanuelli a toujours dit qu'il était un partisan du projet. Sa signature à la convention de financement ne devrait pas manquer. Le chantier va donc commencer.

Le Sud Ouest du 200511
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article