Il va falloir 73 mois de travaux et près de huit milliards d'euros pour réaliser ce projet vieux de plus de 15 ans. La ligne à grande vitesse Tours - Bordeaux a été officiellement lancée hier matin à Montbazon. C'est l'épilogue d'un projet lancé en novembre 1995 mais aussi le début d'un chantier qui va durer 73 mois.
Un département très impacté. L'Indre-et-Loire fait partie des départements les plus impactés par le projet. Il va en effet falloir franchir l'Indre, la Manse, la Vienne ainsi que l'A 10 à Sorigny et à Ports-sur-Vienne. Pour desservir Tours et le Futuroscope, des raccordements au réseau actuel sont également prévus à Saint-Avertin, Monts, La Celle-Saint-Avant. Des tranchées couvertes ou butonnées (*) seront réalisées à Veigné et à Maillé.
Les terrassements en 2012. Hormis à Maillé, où la copie va devoir être affinée, les enquêtes parcellaires préalables aux acquisitions foncières sont en voie d'achèvement. Terrassements prévus entre 2012 et 2014. Travaux d'équipements ferroviaires en 2015. Essais/homologation en 2016. Mise en service en 2017.
Un ressenti différent. Par rapport aux autres départements traversés, la Touraine serait plus sensible aux nuisances générées qu'aux avantages escomptés. Cela s'expliquerait par le fait que l'Indre-et-Loire est déjà reliée à Paris via le TGV. Jean-Michel Bodin (conseil régional) craint que le chantier n'impacte les dessertes TER. RFF et le préfet mettent l'accent sur les 1.500 emplois générés dans le département par le chantier et par ceux qui seront pérennes sur la base de travaux et de maintenance de Nouâtre.
Communication. Les riverains seront avisés de l'avancement des travaux via un journal tiré à 150.000 exemplaires. Ils pourront poser des questions sur un site web dédié. Patron de la société concessionnaire, Hervé Tricot promet la transparence, y compris en matière environnementale.
Public-privé. La LGV Sud Europe Atlantique est la première à être réalisée dans le cadre d'un partenariat public-privé. Une nécessité vu son coût (7,8 milliards d'euros) et le contexte économique, et une preuve de modernité selon Hervé Novelli.
(*) Butonner est un terme technique qui veut dire consolider par des butons, éléments comprimés de structures de génie civil.